Le gouvernement réajusté du 1er avril 2026 a consacré la création du poste de Vice-Premier ministre, respectant ainsi l’esprit de la Constitution révisée du 8 octobre 2025. L’ossature du gouvernement Halina III fait place aussi aux ministres d’Etat, ministre délégués et secrétaires d’Etat. Pour mieux appréhender cette classification et ce qu’elle implique, L’Info s’est rapproché du constitutionnaliste, Dr Senoussi Mahamat Ali, pour son analyse.
L’organigramme gouvernemental connait des innovations ces derniers temps avec les titres de ministres d’Etat, ministres délégués et secrétaires d’Etat. En plus, la nouvelle équipe a un vice-premier ministre. Sur ce dernier aspect, il a noté qu’il relève d’une simple question d’organisation du pouvoir exécutif. Le juriste Dr Senoussi Mahamat Ali note, en passant, une avancée majeure en la matière. Ce n’est pas une nouveauté tchadienne. Une telle structuration existe déjà dans plusieurs pays africains qui ont, pour certains, plusieurs vice-premiers ministres. Dans le cas du Tchad, « le vice-premier ministre s’occupe de son portefeuille, celui de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, tout en suppléant le premier ministre en cas d’absence », soutient le constitutionnaliste qui rassure, tout de même, que ce dernier peut exercer des tâches spécifiques qui lui sont éventuellement confiées par le chef du gouvernement.
En plus de suppléer le premier ministre, le vice-premier ministre a « la préséance vis-à-vis des autres membres du gouvernement, y compris les ministres d’Etat », affirme Dr Senoussi Mahamat Ali. Simples organisations protocolaires ou prises dans leurs sens propres, ces terminologies sont incomprises de beaucoup de Tchadiens. Selon le constitutionnaliste, tout s’explique par l’ordre de préséance. « Le ministre d’Etat est un ministre comme les autres, sauf qu’il a une préséance par rapport à ses collègues », rapporte Dr Senoussi Mahamat Ali.
De son côté, le ministre délégué exerce sous l’autorité d’un titulaire des fonctions spécifiques et participe au conseil des ministres. Il dispose, à ce titre, des attributions particulières. En revanche, le secrétaire d’Etat ne participe pas au conseil des ministres mais au conseil de cabinet. Dans des rares situations, il peut remplacer le ministre au conseil pour défendre un dossier. Il assiste le ministre dans ses fonctions et a un champ d’action réduit.
Au-delà de l’innovation, cette structuration soulève d’autres interrogations, celles de l’opportunité, des charges financières ou de conflits de compétences entre le premier ministre et son vice-premier ministre, par exemple. De l’avis du constitutionnaliste, il n’y a pas risque de collusion. Mais, en ces temps de conjonctures économiques et de la rareté des ressources, était-il nécessaire de privilégier les honneurs protocolaires à la rationalisation des ressources ? En quoi, ces rangs protocolaires ont une incidence sur l’efficacité administrative ? Autant de questions qui restent pour l’instant sans réponses claires.
Blaise Mbaïadoumbeye












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