Société

Œufs : Les prix sont en hausse

L’œuf est un aliment complet et très nutritif. Il est aussi une source d’énergie, de vitalité, de bien être et un véritable moteur de croissance et de développement psychiques. L’œuf est bien plus qu’un trésor. Mais sa disponibilité dans les marchés et sa production, posent un réel problème et cause une flambée croissante des prix.

L’œuf, indispensable pour une alimentation saine et équilibrée, devient de plus en plus cher. Jadis, le plateau de trente œufs coûtait entre 1750 à 2250 F CFA, selon la saison. Aujourd’hui, le plateau oscille entre 2750 à 3000 F CFA. Du coup, son prix unitaire est passé de 100 à 125 F CFA. Ces œufs sur nos marchés proviennent souvent des pays voisins. Les frais de transport, de manutention et certaines formalités aux douanes impactent le prix de vente. Sa production locale jugée insuffisante aux besoins des consommateurs, est l’une des causes fondamentales de sa flambée aux marchés. Quelques rares producteurs tchadiens s’y mettent timidement dans la production et la commercialisation des œufs.

Ces rares structures de productions locales sont des initiatives privées. Celles-ci se confrontent aux défis tels que, l’alimentation spéciale, le vaccin et l’équipement car les poules pondeuses tout comme, les poulets de chair sont très vulnérables. Ces derniers sont obligés d’importer l’alimentation des volailles mais leur conservation pose problème.

Abdelkerim Saleh, gestionnaire d’une ferme de volaille, estime que les médicaments et l’alimentation des poules pondeuses coûtent excessivement chers. « Ces intrants sont importés du Nigeria, Cameroun et parfois de la Chine alors imaginez un peu le prix de revient ». Il justifie la cherté des œufs par l’absence d’usines et laboratoires adéquats de fabrication d’aliments et aussi dû au manque des professionnels dans l’aviculture. Il rappelle de passage que les pondeuses ne supportent pas un environnement insalubre et ont besoin de beaucoup d’eau potable.

Pour Bodjé Célestin, un aviculteur résidant à Kournari, a rappelé le début de son initiative dans l’aviculture. « Le début était difficile. C’était vraiment du hasard.  J’ai commencé avec dix poussins mais jusqu’à la maturité, je me suis retrouvé qu’avec trois poules pondeuses. Ce n’est qu’après deux années que j’ai pu à maitriser l’élevage des poulets. Aujourdhui, j’ai plus de cent cinquante pondeuses ».

Pour lui, l’élevage des poules pondeuses est tellement difficile qu’il faudra éclairer les poulaillers 24/24 heures au risque de perdre gros. D’après lui, l’alimentation doit être saine et toujours disponible abondamment. La cherté des ces aliments, l’absence des infrastructures de conservation et le circuit de distribution, impactent sur le prix des œufs aux marchés.

Une nécessaire contribution de l’Etat

Pour se faire, l’Etat doit conjuguer des efforts en vue d’une grande production qui couvre les besoins de la population, la formation des aviculteurs, l’accès aux intrants (alimentation et médicament) et aux infrastructures. A cela s’ajoute aussi les questions liées à la subvention et aux crédits pour accompagner  les jeunes dans les projets de création des fermes avicoles pour satisfaire le besoin national.

Les opérateurs économiques tchadiens pourtant très agressifs dans l’import-export doivent aussi orienter leur investissement dans l’élevage des poules pondeuses pour juguler la hausse du prix des œufs et résoudre la question sur la dépendance de cette activité simple, moins coûteuse et rentable.

Christian Kodibaye

 

 

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