Les véhicules de l’administration publique ne sont pas utilisés à bon escient. Dans les parcs de certaines institutions, les voitures parfois encore récupérables, sont délaissées. Le Directeur du Parc automobile administratif, Hamadou Saleh, déplore l’incivisme des usagers. Il éclaire par la même occasion la lanterne du public sur la gestion des véhicules administratifs tout en énumérant quelques avancées.
« Le parc administratif est le pied de l’Etat », rappelle d’entrée de jeu le Directeur dudit Parc Hamadou Saleh. Mais l’usage des véhicules affectés aux agents de l’Etat pour le service, n’est pas optimal. « La gestion n’est pas facile. Nous n’arrivons pas à bien maitriser les véhicules. Nous avons d’abord la mauvaise utilisation de ces engins. Beaucoup de personnes ne font pas bon usage des véhicules administratifs. C’est de l’incivisme caractérisé. Ensuite, nous avons constaté que les véhicules administratifs réformés et utilisés par les particuliers, gardent toujours les mêmes immatriculations. L’année dernière avec le concours de la police, nous avons saisi 188 véhicules dont plus de 100 portent les fausses immatriculations », s’indigne-t-il. Il renseigne que parmi ces engins récupérés, il y avait ceux qui ont été réformés. La commission de contrôle des véhicules administratifs a remis les pendules à l’heure en ce qui concerne les véhicules emportés et reformés. « Nous avons récupéré plusieurs véhicules qui ont été emportés, nous les avons restitués aux ministères concernés. Nous ne devons pas utiliser ces moyens de transport mis à notre disposition comme notre propriété », interpelle-t-il.
Les départements ministériels au sein desquels on peut trouver des véhicules défectueux et garés, sont ceux de la Communication, de l’Elevage et de l’Agriculture etc. Il y a des véhicules qui demandent à être réformés, mais cela est très coûteux. Par ailleurs, à l’ONAMA, pour une voiture, il y a quatre demandeurs qui se manifestent pour la réforme. Qu’allons-nous faire ? Ces véhicules ne sont pas abandonnés, nous allons récupérer ceux qui peuvent encore servir », dit-il.
Des innovations sont effectuées
Toutefois, pour bénéficier d’un véhicule, un recensement périodique du Parc de l’Etat est fait en amont, puis l’immatriculation suit. Il y a une commission interministérielle des réformes des véhicules de l’Etat. « Nous avons le fichier global de chaque Ministère. Nous avons fait des avancées majeures, car nous avons mis en place un projet de modernisation du parc public. Cette modernisation répond à la politique du chef de l’Etat, Mahamat Idriss Deby Itno. Nous voulons digitaliser la gestion du parc. Il y a de points focaux dans chaque Ministère qui nous donne toutes les informations en temps réel », informe-t-il. Pour bénéficier d’un véhicule réformé, il faut la note d’affection, la carte grise et d’autres pièces justificatives. Le Ministère doit envoyer une demande au Secrétariat général du gouvernement et le SGG à son tour saisit la commission qui étudie la conformité du dossier avant que l’intéressé n’entre en possession de l’engin. Le demandeur doit verser une somme au trésor public. Hamadou Saleh, indique pour qu’un véhicule soit réformé, il faut d’abord 10 ans et les véhicules accidentés ou endommagés, sont réformés sur la base d’un rapport. « Tout doit se décider au conseil d’administration des institutions. La gestion d’un parc demande beaucoup de moyens et d’investissement. Pour réparer des véhicules vétustes, cela nécessite une grosse somme d’argent. Lors de la mission de contrôle, nous avons recensé des véhicules en bon état qui peuvent être réformés », fait-il savoir.
Le Directeur du Parc automobile de l’Etat d’affirmer que l’inventaire physique est fait à 60 %. « Nous avons acquis des matériels pour que le garage soit opérationnel. Le Secrétariat général du gouvernement envisage avoir ses propres plaques d’immatriculation. Nous avons eu des rencontres avec les gestionnaires des parcs administratifs afin de leur donner des orientations. Nous allons lancer une plateforme numérique (E-mobilité) pour la gestion efficace du parc automobile public », martèle-t-il. Le décret 260 de 2015 qui régit le fonctionnement et l’utilisation des engins de l’Etat n’est pas connu de tous. Il faut une sensibilisation accrue pour l’appropriation de ce texte.
Kary Amadou












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