Pièces de 500 Fcfa : Commerçants et clients ne s’entendent pas

Après la mise en circulation des nouvelles coupures de billets de banque dans la zone CEMAC et précisément au Tchad le 15 décembre 2022, les pièces de cinq cents ne sont plus les bienvenues dans les marchés et autres lieux de vente. Un véritable casse-tête chinois pour la plupart des usagers qui ne savent plus à quel saint se vouer. Surtout pour ceux qui en ont en quantité.

« Les pièces de cinq cents seraient caduques, hors d’usage» dit-on. Comme une trainée de poudre, la rumeur se répand dans la ville et gagne du terrain. Il n’est plus possible sinon difficile de se procurer un produit ou bénéficier d’un service avec cette pièce. Sur les marchés et les commerces de N’Djaména, le désarroi est réel. « Les clients rejettent catégoriquement cette pièce, bien que nous l’acceptions, comme le gouvernement n’a pas annoncé le refus dans les médias, et j’en ai actuellement 15 000 francs il y a cinq jours » se plaint Evodie commerçante au marché de Dembé dans le 7ème arrondissement. Moussa Emma, chauffeur de minibus renchérit : « nous acceptons les pièces de 500 Fcfa que nous tendent les passagers, bien que les épiceries et les clients les rejettent parfois sans donner les raisons fondamentales ».

Si à N’Djaména c’est impossible, à Kousserie au Cameroun, ces pièces ont libre cours. Koubra Bourkou, vendeuse d’essence, exprime son dépit : « ce problème doit être résolu rapidement. Actuellement, j’ai 40 000 francs en ma possession, et c’est seulement à Kousserie que je peux faire des emplettes sans problème ». Ce problème est un manque à gagner pour les citoyens et commerçants en raison des pertes inestimables occasionnées. Mahamat Ahmad Oumar, marchand témoigne : «ces dernières années, nous avons connu trois situations de rejets des trois types de pièces de la catégorie de 500 francs, en commençant par celle à l’effigie de gazelle, puis celle avec l’effigie d’une Reine, et enfin la petite pièce entière. Actuellement, aucun commerçant ne peut l’accepter dans les opérations d’achat et de vente. Quant au pays voisin le Cameroun, il est traité dans les opérations d’achat et de vente, et certains commerçants ont des quantités de pièces de monnaie et ne savent pas comment les dépenser ».

Un recadrage est nécessaire

Dans quelques rares endroits, ces pièces sont acceptées. « Nous prenons sans hésiter des pièces de 500 francs CFA, mais les clients ne les acceptent pas du tout, alors que rien ne le justifie » confie une comptable d’une pharmacie de la Place. Même son de cloche du côté de la Boulangérie Rotative. Son Directeur Gombo Abdallah Adam Hassan : « Nous acceptons cette pièce, mais il y a quelques difficultés avec les banques car la banque n’accepte pas de changer le montant total par des coupures de billets de 500 francs. Elles n’échangent que la moitié du montant et nous n’en voyons pas l’intérêt ».

Au regard de ce constat, la balle est dans le camp des autorités de la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Leur prompte réaction et leurs fermes instructions apporteront plus de sérénité et d’assurance dans la bonne marche des affaires.

Florent Baïpou

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