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Profession infirmière : Un sacerdoce au service de la vie

Le monde célèbre chaque 12 mai la Journée internationale des infirmiers. Cette journée vise à valoriser le rôle essentiel que joue la profession infirmière dans les systèmes de santé à travers le monde. L’édition 2026 est placée sous le thème : « Nos infirmières, notre avenir : le pouvoir d’agir des infirmiers sauve des vies ».

Au Tchad, les infirmiers profitent de cette occasion pour attirer l’attention sur leurs conditions de travail et plaider pour une meilleure prise en charge sanitaire et sociale. Les infirmiers occupent une place centrale dans la chaîne des soins médicaux. Acteurs clés du système sanitaire, ils assurent la gestion, l’organisation et l’évaluation des soins, tout en collaborant étroitement avec les médecins dans la prise en charge des patients.

Malgré leur rôle prépondérant, plusieurs infirmiers estiment être marginalisés dans les politiques publiques de santé. « Ce n’est pas du tout facile pour les infirmiers, surtout les femmes. D’abord, il y a la pression des garde-malades qui pensent parfois que nous ne faisons rien malgré nos efforts. Ensuite, les gardes nous éloignent souvent de nos familles pendant au moins 24 heures par semaine. Enfin, nous avons nous-mêmes des difficultés à nous faire soigner, tellement nous sommes occupés à prendre soin des autres », témoigne Koutou Kana Ouadi, infirmière depuis sept ans.

Pour l’infirmière Djigué Bemba Ruth, la profession infirmière demeure le « parent pauvre » du système de santé. Elle déplore notamment la non-application des textes relatifs à l’amélioration des conditions de vie et de travail des infirmiers. « Je travaille depuis 2002 et je n’ai jamais bénéficié de congé ni d’une prise en charge sanitaire. Nous nous occupons correctement des patients, mais lorsque nous tombons malades, personne ne s’occupe de nous », dénonce-t-elle. Selon elle, les textes prévoient pourtant une prise en charge médicale des infirmiers en cas de maladie, mais cette disposition reste rarement appliquée. « Les infirmiers sont comme des soldats. Là où il y a des crises ou des difficultés, ils sont présents. Beaucoup de personnes ignorent l’ampleur du travail accompli par les infirmiers. Nous demandons davantage d’autonomie », ajoute-t-elle.

Djigué Bemba Ruth plaide également pour le renforcement des formations et des programmes de recyclage afin de permettre aux infirmiers tchadiens de rester au même niveau que leurs collègues d’autres pays.

De son côté, l’infirmier Douroum Edouard Malamdjiguésouligne le manque criard de matériel et de personnel dans plusieurs structures sanitaires. « Dans les services d’urgence, il arrive souvent que nous soyons débordés, notamment dans la prise en charge des patients souffrant d’hypertension, de diabète et d’autres maladies chroniques », explique-t-il.

La présidente de l’Association nationale pour la promotion de la profession infirmière au Tchad (ANPPIT), Kakessé née Einta Djimrangaye, rappelle que la profession infirmière occupe une place stratégique dans le système de santé. « Les infirmiers sont au cœur de la prise en charge des patients. Être infirmier aujourd’hui, c’est accepter de servir dans des conditions parfois difficiles, travailler jour et nuit et faire preuve de courage face à la maladie. C’est aussi porter une lourde responsabilité humaine et éthique », souligne-t-elle.

Elle appelle enfin les pouvoirs publics à renforcer la protection sociale des infirmiers et à améliorer leurs conditions de travail afin de garantir un système de santé plus efficace et plus humain.

Kary Amadou et Larmadji Boudjingar Estelle (Stagiaire)

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