Infrastructures

Provine du Chari-Baguirmi: Des châteaux d’eau pour soulager la population

Le président du conseil d’administration de l’association « La Plume pour la culture et le développement » (APCD), Dr Daïrou Youssouf Sidiki, a procédé le dimanche 22 mars 2026, à la pose de la première pierre de construction des châteaux d’eau dans les villages de Moudou et Seta, dans la province du ChariBaguirmi. La cérémonie s’est déroulée en présence du sultan de la province, Sa Majesté Mbang Hadji Woli Mahamat, du délégué général du gouvernement auprès de ladite province, le général Azem Bermandoa Agounaet de la députée Fatimé Amsissane Lamana, ainsi que d’une population locale fortement mobilisée.

A cette occasion, Dr Daïrou Youssouf Sidiki a exprimé sa satisfaction d’être aux côtés des habitants pour le lancement de cette initiative qu’il qualifie d’essentielle. Il est revenu sur le drame survenu récemment dans la localité de Seta lors duquel personnes ont perdu la vie autour d’un puits d’eau suite à des bousculades. Un événement tragique qui a profondément marqué les esprits et mis en lumière les difficultés d’accès à l’eau dans la zone. Face à cette situation, l’association a décidé d’intervenir pour apporter une réponse durable. « Nous avons jugé nécessaire d’agir afin de prévenir de tels drames et d’apporter une solution pérenne au problème d’accès à l’eau », a-t-il relevé.

Dans cette dynamique, l’APCD a engagé la construction de deux châteaux d’eau modernes dans les villages de Moudou et Seta. Ces infrastructures, d’une capacité de 10 000 litres chacune, seront équipées de pompes solaires, de huit robinets destinés aux populations et de deux abreuvoirs pour le bétail. L’objectif est de garantir un accès équitable à l’eau potable tout en réduisant les tensions liées à sa rareté. Le responsable a également salué l’implication des autorités administratives et traditionnelles pour leur engagement en faveur de la paix et du vivre ensemble tout en rappelant la portée symbolique de cette initiative intervenue à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau célébrée tous les 22 mars. « L’eau est une source de vie. Elle ne doit en aucun cas être un facteur de conflit, mais plutôt un levier de paix, de cohésion sociale et de développement durable », a-t-il insisté.

Le Sultan du Chari-Baguirmi, Sa Majesté Mbang Hadji Woli Mahamat, a pour sa part salué cette initiative qu’il considère comme un soulagement pour la population bénéficiaire. Il a appelé celle-ci à privilégier la cohabitation pacifique et à faire preuve de patience, rappelant que l’eau est un bien vital qui ne doit pas être source de division.

De son côté, le délégué général du gouvernement auprès de la province du Chari Baguirmi, le général Azem BermandoaAgouna, n’a pas caché son émotion face à cette réalisation. Revenant sur les récents événements liés à l’accès à l’eau, il a souligné l’importance de cette intervention pour ramener le calme. Selon lui, ces infrastructures viennent répondre à une urgence et contribuer à prévenir de nouveaux drames. Il a également salué l’engagement de l’association, estimant qu’elle accompagne utilement les efforts du gouvernement dans la résolution des problèmes d’accès à cette denrée vitale.

Ouf de soulagement des populations

A Moudou et à Seta, les habitants ont exprimé leur soulagement. L’agriculteur Hadj AbakarHaroun se souvient des longues distances parcourues pour s’approvisionner en eau. « Nous devions marcher plusieurs kilomètres et attendre longtemps dans les files. C’était une véritable souffrance pour nos familles », se rappelle-t-il. C’est pourquoi il estime que la construction de ce château d’eau permettra de réduire considérablement ces difficultés. Même constat pour Mohamed Abakar, également agriculteur, qui voit dans ce projet une solution durable. Il espère que la proximité des points d’eau contribuera à apaiser les tensions récurrentes entre habitants.

Quant à Aïcha Ousmane, ménagère, elle souligne que l’accès à l’eau relevait jusque-là d’un véritable parcours du combattant. Malgré l’existence de quelques points d’eau éloignés, les longues files d’attente rendaient l’approvisionnement pénible, surtout pour les personnes âgées. « Aujourd’hui, je suis soulagée. Cette infrastructure va changer notre quotidien », se réjouit-elle.

À travers cette initiative, l’association « La Plume pour la culture et le développement »(APCD) et son partenaire, l’ONG Al NadjatCharity, entendent non seulement améliorer les conditions de vie des populations, mais aussi prévenir les conflits liés à la rareté de l’eau. Une action qui, au-delà de sa portée sociale, s’inscrit dans une logique de consolidation de la paix et du développement durable au sein des communautés locales.

Sikngaye Tamaltan Inès

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