À l’issue de sa participation au Sommet Africa Forward tenu à Naïrobi, le 12 mai 2026, au Kenya, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, s’est entretenu avec son homologue kényan, William Ruto, en présence des ministres des Affaires étrangères des deux pays.
Cette rencontre bilatérale de haut niveau illustre l’excellence des relations entre le Tchad et le Kenya ainsi que le respect mutuel qui unit leurs dirigeants. Les deux Chefs d’État ont échangé sur les principaux défis auxquels le continent africain est confronté. Au plan bilatéral, les discussions ont porté sur le renforcement de la coordination et de la concertation entre les deux pays. Les présidents tchadien et kényan ont exprimé leur volonté d’aller au-delà des échanges commerciaux classiques afin de bâtir un cadre de coopération plus structuré et durable. Ce partenariat revêt une importance stratégique pour le Tchad, notamment grâce à l’expertise du Kenya dans les domaines de l’agriculture, des technologies innovantes et du tourisme, autant de secteurs susceptibles de contribuer à la valorisation du potentiel économique et touristique tchadien.
Cette nouvelle dynamique vise notamment le développement de la coopération économique, la protection de la faune et de la flore, les innovations technologiques ainsi que l’instauration de consultations diplomatiques régulières sur les questions africaines. La rencontre a également permis au président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, de solliciter le soutien du Kenya à la candidature du Tchad pour un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Entretien bilatéral entre le Tchad et la France
En marge des travaux du Sommet Africa Forward, le Chef de l’État s’est également entretenu avec son homologue français, Emmanuel Macron. Les échanges s’inscrivent dans la continuité des discussions engagées quelques mois plus tôt à Paris, lors de la visite d’amitié et de travail du Maréchal Mahamat Idriss Itno en France. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de construire une nouvelle ère de coopération fondée sur le respect mutuel de la souveraineté des États. L’accent a été mis sur le soutien financier, l’attractivité économique et les investissements, plutôt que sur la seule question de la présence militaire française au Tchad.
Dans cette perspective, les préparatifs du Forum d’affaires Tchad-France prévu à Paris ont été évoqués, profitant de la présence à Naïrobi de plusieurs membres des gouvernements tchadien et français ainsi que d’hommes d’affaires des deux pays. Un premier signal fort de cette coopération a été donné avec la signature, à Nairobi, de plusieurs accords entre le Tchad et des entreprises françaises pour la réalisation d’infrastructures routières, éducatives et sanitaires.
Ouverture officielle du Sommet Africa Forward
Les travaux du Sommet Africa Forward se sont ouverts officiellement au Centre international de conférences Kenyatta de Nairobi, en présence de 35 dirigeants africains, dont le Président de la République du Tchad.
Après une première journée consacrée à la jeunesse et à l’entrepreneuriat, le sommet est entré dans sa phase politique avec l’ouverture du segment des Chefs d’État, autour des Présidents William Ruto et Emmanuel Macron.
Dans son intervention, le Président kényan, William Ruto, a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de sortir durablement du sous-développement à travers le développement des infrastructures de transport, de la logistique, de la connectivité numérique, de la transition énergétique et de l’industrie verte. Il a également souligné l’importance de la formation des jeunes afin de favoriser la créativité, l’innovation, l’entrepreneuriat et la transformation portée par l’intelligence artificielle.
Selon lui, les dirigeants africains doivent aborder avec lucidité la question du financement de la transformation du continent. Il a appelé l’Afrique à réduire sa dépendance économique et à faire face au poids d’un endettement devenu préoccupant, malgré l’immense potentiel du continent en ressources naturelles, en énergies renouvelables et en capital humain.
De son côté, le Président français Emmanuel Macron a reconnu la nécessité de rompre avec les anciennes approches paternalistes dans les relations entre la France et l’Afrique. Il a affirmé que les défis liés à la paix, au climat, aux technologies et à la prospérité mondiale ne pourront être relevés sans l’Afrique. Le Président français a également plaidé pour une réforme ambitieuse de la gouvernance internationale afin de promouvoir un multilatéralisme plus juste, représentatif et efficace.
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a quant à lui, appelé à davantage d’équité envers l’Afrique, estimant que le continent ne bénéficie pas suffisamment de ses ressources et qu’il subit des coûts d’emprunt excessivement élevés par rapport aux autres régions du monde.
Le Président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur le fait que la paix et la stabilité demeurent des conditions essentielles au développement et aux investissements sur le continent. Il a également rappelé que la jeunesse et l’accès à l’énergie figurent parmi les principaux défis auxquels l’Afrique doit faire face afin d’élargir ses perspectives économiques et d’améliorer la compétitivité de ses États, dans un contexte où la dette africaine dépasse 698 milliards de dollars.
Enfin, les échanges ont mis en avant l’importance pour l’Afrique de maîtriser les technologies du futur, notamment l’intelligence artificielle et la fintech, considérées comme des leviers majeurs de la prochaine révolution industrielle du continent.












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