Sports Tchad

Stade Idriss Mahamat Ouya : L’éternel chantier

Le chantier de rénovation du Stade omnisports Idriss Mahamat Ouya demeure inachevé. Pourtant lancé depuis janvier 2022 avec un délai initial d’un an, ce vaste projet financé par l’État tchadien accumule aujourd’hui retards et zones d’ombre suscitant l’inquiétude du gouvernement.

Confiés à l’entreprise nationale Al-Matar SA, les travaux devaient transformer l’emblématique infrastructure sportive de la capitale en un stade moderne répondant aux normes internationales. Le projet prévoit notamment l’installation d’une nouvelle pelouse, la mise en place d’une piste d’athlétisme en tartan, la réfection de la toiture, l’aménagement des vestiaires et des tribunes conformément aux standards de la FIFA, la modernisation de l’éclairage, le renforcement de la sécurité et la création d’espaces polyvalents.

Quatre ans après, le stade n’est toujours pas réceptionné. Face aux retards persistants, le Premier ministre, Ambassadeur Allah Maye Halina, s’était rendu sur le site le 6 janvier 2026. Constatant les insuffisances tant sur le rythme que sur la qualité de certaines réalisations, il avait fixé un ultimatum d’un mois à l’entreprise avec une échéance impérative au 6 février 2026.Mais le délai épuisé, la  promesse de livraison reste lettres mortes.

Le vendredi 13 mars 2026, de retour d’une visite de terrain effectuée aux marchés et quartiers populaires pour s’enquérir des conditions de vie des populations pendant les dernières heures du ramadan, le président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a fait un détour inattendu par le stade. Sur place, le constat est troublant. Aucune activité visible sur le chantier. Ni ouvriers, ni bruit de machines. A la place, un silence de cimetière. Cette absence totale d’activité semble confirmer le non-respect des engagements pris par l’entreprise en charge des travaux  malgré les mises en garde répétées des plus hautes autorités.

Les tentatives de l’Agence Tchadienne de Presse et d’Edition (ATPE) pour en savoir plus sur les causes des retards successifs ont été vaines. Plusieurs responsables rencontrés sur les lieux ont refusé de se prononcer. Un silence qui alimente les interrogations sur la gestion du chantier et le respect des engagements contractuels.

Sur les lieux, les rares ouvriers rencontrés assurent pourtant que « les travaux sont presque finis». Pour eux, il ne reste « que les écrans géants à installer ». Une version qui contraste fortement avec les observations faites sur place. Plusieurs insuffisances restent visibles. La réfection des tribunes n’est pas totalement achevée, l’éclairage du stade demeure insuffisant et certaines installations ne semblent pas répondre aux normes strictes de sécurité et de visibilité exigées pour les infrastructures sportives de haut niveau. Or, pour un stade appelé à accueillir des compétitions internationales, le respect des standards de la FIFA est une exigence incontournable surtout en matière d’accessibilité, d’éclairage et de sécurité.

Au moment où les autorités expriment leur impatience face à ce cumul de retards, l’achèvement de ce chantier apparaît désormais comme un test de crédibilité pour l’entreprise Al-Matar SA. La position du gouvernement alignée sur la rigueur dans l’exécution des projets publics contraste avec le silence observé autour de ce dossier et accentue les interrogations.

Man-Ya Allah Gisèle

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