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Terrorisme communicationnel : Une menace silencieuse pour la cohésion sociale

Au Tchad, la progression de l’accès au numérique s’accompagne d’une multiplication des fausses informations et discours de haine sur les réseaux sociaux. Ce phénomène, qualifié de terrorisme communicationnel, suscite des inquiétudes croissantes sur la cohésion sociale, la cohabitation pacifique et le vivre-ensemble.

A l’ère du numérique, la question sur la gestion efficiente des réseaux sociaux devient de plus en plus complexe. Malgré le mécanisme et le renforcement du cadre juridique de l’Agence nationale de sécurité informatique et de certification électronique (ANSICE) pour protéger les citoyens et leurgarantir une défense plus solide contre les cyber-attaques et les cyber-menaces, les dangers sont légion. Il s’agit notamment de diffusion des fausses informations, menaces répétitives, injures et haines envers les communautés, escroqueries, diffamation et relais des vidéos d’enlèvement contre rançon.

Sur les réseaux sociaux, la terreur a pris bonne place. Facebook, WhatsApp, Tik-Tok, Instagram et autres canaux de communication sont devenus des sources de propagation des rumeurs à l’instantané et d’informations erronées qui peuventatteindre un large public sans mécanisme de vérification préalable.

Selon les données communiquées dans son rapport datant de 2025 du Tchad Datareportal, le taux de pénétration internet au Tchad est estimé à environ 13,2 % de population soit 2,7 millions d’utilisateurs. Malgré ce nombre infime d’utilisateurs, l’usage de l’internet devient incontrôlable pour la circulation rapide et la diffusion de contenus non vérifiés.

Les autorités à divers niveaux, ont déjà alerté sur les risques liés à la désinformation numérique et à l’usage abusif des plateformes digitales. Des actions de sensibilisation sontégalement engagées, mais leur portée reste limitée face à la vitesse de diffusion des contenus. Ce phénomène ne repose pas uniquement sur des acteurs et créateurs de contenus mais il estalimenté par des utilisateurs ordinaires qui relaient, parfois sans intention de nuire, des contenus diffamatoires et qui portent atteinte à la vie des citoyens.

Cette pratique nuit non seulement à la dignité des personnes, des organes de presse et des personnalités de l’Etat mais contribue àfragiliser le tissu social et la cohésion nationale. A titre d’exemple : la multiplication des contenus contradictoires sur la gestion d’un conflit intercommunautaire, alimente un climat de doute et de confiance entre citoyens et le pouvoir exécutif. Les effets de cette pratique sont souvent indomptables. Il est impossible en temps réel de diffusion de contenus de distinguer ce qui est fiable et rumeur. Lors de tensions locales, des conflits éleveurs-agriculteurs ou de situations sécuritaires, des rumeurs amplifient les réseaux sociaux avec de messages de haine et de diffusion des fausses images pour accentuer les tensions communautaires, raviver la situation et la rendre incompréhensible.

La jeunesse, fortement connectée et très active sur les réseaux sociaux, apparaît particulièrement exposée. Dans un contexte de chômage et de précarité, elle reste plus vulnérable aux contenus viraux, souvent émotionnels et peu vérifiés. Face à ces enjeux, les acteurs publics et privés sont appelés à renforcer l’éducation aux médias, la régulation des contenus numériques et la communication institutionnelle afin de limiter la propagation de la désinformation.

Le terrorisme communicationnel s’impose progressivement comme un enjeu de stabilité sociale. Certaines pratiques sont téléguidées et rémunérées par des personnes de mauvaise foi en faisant du mal à autrui et en profitant de cette occasion pour faire une place.

Dans cette lutte contre ces pratiques malsaines, l’Agence Nationale de Sécurité électronique (ANCISE), une institution forte et mieux adaptée aux défis du numérique notamment face àla montée des cybers attaques et développement rapide des Technologie de l’information et de la communication, doit jouer un rôle crucial et déterminant pour contrer la désinformation et les messages de haine qui menacent la cohésion sociale et la cohabitation pacifique.

Hassaballah Ahmat Khamis

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