Société

Violences basées sur le genre : Malgré la synergie, le phénomène perdure

La campagne internationale des « 16 jours d’activisme » pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes débutée le 25 novembre, prend fin le 10 décembre 2025 sous le thème « la lutte contre la violence numérique visant les femmes et les filles ». Toutefois, au Tchad le gouvernement fait beaucoup d’efforts pour la promotion de la gente féminine et les Ong et associations comme Voix de la Femme, se tuent à la tâche pour inverser la tendance, mais les habitudes ont la peau dure. 

Les 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe, ont été institués en 1991 par le Center for Women’s Global Leadership. L’objectif est de mobiliser les organisations et les individus pour prévenir et éliminer la violence basée sur le genre. Au Tchad, la société civile fait bouger les lignes à travers les campagnes de sensibilisation et le gouvernement a pris une batterie d’actes officiels pour protéger les femmes.

 « La situation reste préoccupante sur le terrain, mais elle évolue positivement. Les violences basées sur le genre demeurent une réalité douloureuse, cependant grâce aux actions menées depuis 7 ans par notre Ong avec le soutien constant du gouvernement et de ses partenaires, nous observons un changement réel de mentalité », fait savoir Amina Tidjani Yaya, coordinatrice de l’Ong Voix de la Femme. Elle salue les efforts de l’Etat qui, à travers plusieurs lois votées au niveau national et d’autres ratifiées au niveau international, a renforcé le cadre juridique de protection des femmes et filles. Avec l’engagement personnel du maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, la promotion des droits des femmes, « se reflète dans nos interventions quotidiennes ».

La députée souligne que les campagnes de sensibilisations ont un impact sur les communautés. « Elles contribuent à briser le silence autour des violences, à encourager les victimes à parler et à mobiliser davantage les leaders communautaires, les jeunes et les hommes ».  Des comités locaux de veille se mettent en place, une preuve que la sensibilisation porte ses fruits. Les cas des VBG sont légions, mais ils ne sont pas déclarés en raison de la peur ou de la stigmatisation. Les 16 jours d’activisme ne sont pas une fin, mais un point de départ.

Néanmoins, Amina Tidjani Yaya ne cache pas son insatisfaction. « Nous attendons encore une présence institutionnelle plus forte, une meilleure coordination entre les acteurs, une rigoureuse application des lois existantes et plus des moyens pour accompagner les survivantes ».  Entre temps, la défenseuse des droits des femmes dit qu’elle continuera à travailler avec les autorités nationales, les forces de sécurité, les ministères concernés, les partenaires internationaux et des Ong. « Cette synergie est indispensable, car la lutte contre les VBG est une responsabilité collective. Il faut que, chaque femme et chaque fille du Tchad vive dans la dignité, la sécurité et le respect », conclut la députée.

Kary Amadou     

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