DNIS : morceaux choisis de la cérémonie d’ouverture

Après plusieurs mois de préparation marqués par les consultations dans les 23 provinces, dans la diaspora et un pré dialogue avec les politico-militaires à Doha au Qatar, sanctionnés par un accord, le Dialogue national inclusif et souverain tant attendu a effectivement démarré avec une impressionnante cérémonie d’ouverture le 20 août 2022 au palais du 15 janvier. La cérémonie d’ouverture s’est articulée sur plusieurs interventions parmi lesquelles l’intervention du président du CMT, le général Mahamat Idriss Déby Itno et celle du président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat. Très pathétiques, ces deux interventions n’ont laissé aucun participant indifférent.

Tout se passe comme si le caractère souverain de ce dialogue ne fait pas l’unanimité de tous les participants. Certains participants prononcent le mot souverain avec prudence et avec une certaine pudeur selon leur obédience. On se croirait à la Conférence Nationale Souveraine de 1993, où le mot souverain faisait peur à certains participants et surtout aux proches du pouvoir. On verra quand on va entrer dans les grands débats après la mise en place du présidium. Parmi les ratés de cette cérémonie d’ouverture figure l’exécution de l’hymne national, « La Tchadienne ». Certains observateurs attentifs ont été surpris de ce raté surtout au niveau de la cadence et du rythmique. C’est dommage qu’à l’ouverture de ce dialogue qui est un grand évènement dans l’histoire de notre pays, l’hymne national qui est le chant de ralliement de tous les tchadiens soit ainsi bâclé dans sa version musicale.

 

A propos des interventions qui ont marqué la cérémonie d’ouverture, elles ont été toutes pertinentes mais on s’attardera sur celles du président du CMT et du président de la Commission de l’Union Africaine. Le général Mahamat Idriss Déby Itno a donné le ton de ce DNIS en faisant remarquer aux participants que les débats doivent être francs, démocratiques, sans tabou et axés sur la ligne directrice de recherche de consensus et de solutions durables. Les thématiques qui vont animer ces discussions serviront de boussole pour mener des profondes reflexions en vue de poser les bases de la refondation de la République. Comme pour insister et briser le tabou, le président du CMT a indiqué qu’aucun sujet concernant l’avenir du Tchad ne sera un tabou, tous les échanges doivent se faire dans le respect mutuel, gage des débats sereins, constructifs en gardant toujours à l’esprit, l’intérêt supérieur de la nation.

S’adressant aux 1500 participants, le général Mahamat Idriss Déby Itno a attiré leur attention sur la responsabilité qui est désormais la leur. Car, choisis légitimement parmi les 17 millions de Tchadiens, il leur revient la lourde tâche d’écrire une nouvelle page pour un Tchad uni, réconcilié avec lui-même, en paix et respecté. Ils n’ont pas droit à l’erreur et ne doivent pas faillir pour ne pas trahir la confiance des millions de Tchadiens qui les suivent attentivement. Les perturbateurs et les trouble-fête qui s’agitent déjà dans la salle avec des interventions intempestives et maladroites accompagnées de youyou n’ont pas leur place dans ce DNIS. Les Tchadiens attendent de ce dialogue un pays où ils ne seront pas traités comme des Tchadiens de second rang par certains de leurs

Voir le Tchad autrement…

Intervenant à son tour, le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat n’a pas fait dans la dentelle. Il a délié sa langue en déplorant l’évolution politique et l’histoire tumultueuse de son pays le Tchad. Une évolution politique et une histoire caractérisée par une succession des guerres fratricides ponctuées de rébellions avec des rencontres, des accords, des conférences et des dialogues de réconciliation infructueux. Combien de réconciliations et de retrouvailles célébrées. A combien de trahisons, d’abandon et de ruptures de ban avons-nous assistés ? En réponse à ces questions, il a avoué qu’il est incapable d’en dresser l’inventaire. Au sujet de rebellions, il s’est aussi demandé combien de mouvements, tendances et groupes armés ont-ils été créés au Tchad ?

C’est à un véritable réquisitoire et à un ras-le bol que Moussa Faki s’est livré contre la marche et l’évolution politique du Tchad. Fatigué et ulcéré par cet éternel recommencement qui caractérise la recherche de la réconciliation au Tchad, il espère et souhaite que cette fois-ci sera définitivement la bonne et demande que le Tchad soit gouverné autrement.

 

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