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Senafet : Un business ou une lutte ?

La journée Internationale de la Femme est célébrée dans le monde avec vivacité et en grande pompe par les femmes. C’est une tribune qui permet aux femmes de célébrer la femme mais des entrepreneurs et entrepreneures africains trouvent une occasion en or dans l’impression et la vente des pagnes JIF.

Beaucoup d’opérateurs économiques et commerçants africains et des vendeuses des étoffes profitent largement de la JIF pour augmenter leurs chiffres d’affaires. Déjà en janvier pilules  les pagnes du 8 mars de toutes les couleurs sur les marchés tchadiens, laissant les femmes dans l’embarras de choix  face au pagne national qui porte  le thème de l’édition. Les pagnes de la journée internationale de la femme proviennent des horizons divers et imprimés avec des marques variantes. L’on trouve sur les marchés tchadiens des étoffes de 08 mars venant du Benin, du Togo, de la Coté d’ Ivoire, du Congo, du Nigéria, du Burkina Faso, etc. Ces étoffes sont fabriquées selon les catégories sociales des femmes. Real Wax, Java print, Chiganvy, Boko Haram, sont quelques marques identifiées. Cependant, les prix varient de 3000 à 15000 FCA. La publicité et la vente de ces pagnes s’imposent aux femmes. Chaque femme choisit  selon ses revenus  et sa préférence. Parfois une seule femme peut acheter 4 à 5 étoffes à elle seule. Ces comportements irresponsables et démesurés de certaines femmes jouent sur le budget familial, profitent  aux commerçants et laissent d’autres femmes sur le carreau. Au Tchad, où dès le mois de janvier la « Société ville verte de Sarh a imprimé plusieurs qualités de pagne avec des prix variés et les dispatche sur toute l’étendue du territoire. Cette pluralité de pagne sème la confusion dans la tête de la gent féminine. Les femmes sont obligées de faire le pied de grue au sein du ministère du Genre, à la Maison Nationale de la Femme, dans les recoins cachés de vente pour se procurer de ces pagnes qui ne sont exposés qu’à moins d’une semaine de la JIF. Les commerçants sont les plus privilégiés dans les points d’achats que les autres corporations  féminines. La livraison de ces pagnes se fait aux plus offrants. Ces commerçants véreux à leur tour, font une spéculation des prix autour de ces pagnes laissant les femmes dans le désarroi total.

La SENAFET, un moment de lutte

Aux femmes tchadiennes, la SENAFET ne doit pas être une occasion pour augmenter les chiffres d’affaires des commerçants, ni à la querelle et les guéguerres  autour  des pagnes mais lutter pour arracher la place qui leur revient de droit. Au Tchad, la population féminine est à 80% rurale et ne saisit  pas vraiment la portée de la Journée Internationale de la femme. Pour elles,  cette journée  ce sont les hommes qui doivent faire le ménage, s’occuper des enfants, garder la maison et surtout lui offrir le pagne du 08 mars sinon  elles quittent le foyer. Alors que la JIF est une journée de réflexion et non une journée de fête où il faut parader dans des habits somptueux ; ou de faire une collection des pagnes 08 mars qui fait de toi une femme émancipée.

Modjhimadi Djimas Justine

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