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CAP-SUR : « Le parti travaille en silence »

Le  1er vice-président du Cadre d’Action Populaire pour la Solidarité et l’Union de la République (CAP-SUR) Malloum Abba Oumar brise la glace et aborde plusieurs  sujets d’actualité dans cette interview exclusive.

Le  président fondateur Joseph  Djimrangar  Dadnadji disait : « Si je tombe, laissez les femmes s’occuper de mon cadavre et continuez la lutte ». Cette détermination tient-elle encore ?

Malloum Abba Oumar  : Bien sûr ! Nous respectons la vision du président fondateur Joseph Djimrangar  Dadnadji. Celui qui a rallié le MPS récemment avec quelques personnes, ne fait plus partie de l’équipe. Depuis pratiquement deux ans, Wardougou Djimi  n’est plus avec nous, il est démissionnaire. Il a tout fait pour drainer bon nombre de militants de CAP-SUR avec lui dans sa mésaventure mais il n’a pas réussi. Il est passé aux  4e, 5e et 8e arrondissements de la ville de N’Djaména pour convaincre nos militants hélas ! Wardougou Djimi veut nuire au parti avec quelques responsables  du MPS à travers des manœuvres dilatoires. Le CAP-SUR désapprouve et condamne cette méthode malsaine du MPS qui depuis 30 ans, a fait du ralliement  sa politique primordiale.

Comment  le parti se prépare pour affronter les élections à venir ? Et puis depuis la mort du président fondateur il y a plus de deux ans, vous n’êtes  pas visible  sur la scène politique ?

Nous sommes en train de nous préparer. Si Dieu le veut, d’ici un mois et demi, nous allons tenir un congrès. C’est de là qu’on va élire notre président national qui pourra nous représenter aux futures échéances électorales. Nous sommes en train de faire un travail et nous avons des stratégies qui sont connues de tous. Le moment venu, vous allez  voir le CAP-SUR sur la scène politique.

En ce qui concerne les partis politiques,  je crois  qu’ils devraient  se renforcer davantage. Si vous constatez  ce qui est en train de se passer sur le terrain, que ce soit du côté de l’opposition ou du MPS, c’est maintenant que les choses se dégradent de plus en plus. Mais, pour nous autres, nous avons la force et nous avons la capacité pour gérer une telle situation.

Nous venons de sortir du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS), quelle est votre appréciation ?

Le problème du Tchad, c’est l’armée et aussi la gestion qui est alarmante.  Cette situation perdure depuis des décennies, mais les gens n’en tiennent pas compte. On n’a pas une armée républicaine. Au lieu de choisir des personnes qui ont le courage de dire la vérité, on prend plutôt des partisans. Regardez les membres de la CONOREC (NDLR : Commission nationale chargée de l’organisation du référendum constitutionnel), ce sont les mêmes personnes qui ont enfoncé le pays pendant trente ans.  J’ai appris à travers les médias que le MPS est en train de vulgariser les résolutions du DNIS, certes, c’est leur  façon de travailler, nous aussi, nous avons envoyé un  message très fort après le dialogue. Nous n’allons  pas prendre des cylindrés  comme le MPS et autres pour  gagner la confiance des Tchadiens. Nous sommes représentés dans 19 provinces sur les 23.

Il y a deux blocs qui se dégagent par rapport à la forme de l’Etat, vous êtes de quel bord ?

Nous avons fait une tournée moins médiatisée sur la question de la forme de l’Etat pour donner notre position. Nous sommes un parti républicain. D’où notre slogan Cadre d’Action Populaire pour  la Solidarité et l’Union de la République. Et après,  on a organisé des séminaires. Nous sommes en train de réfléchir  afin de prendre une décision définitive. Toutefois, dans notre parti, il y a une tendance majoritaire qui s’oriente beaucoup plus vers le fédéralisme. C’est au cours du congrès qui aura lieu d’ici un mois ou un mois et demi que les choses vont se préciser.

Feu  Joseph Djimrangar  Dadnadji  parlait de la patrimonialisation du pouvoir. Qu’est-ce que cela voulait dire ?

Ce mot est notre cheval de bataille.  La patrimonialisation renvoie à la République. Au lieu que les gens parlent d’abord de la République, ils préfèrent parler de leurs régions, départements et familles. Pour nous, c’est la République qui est mise en avant. La bataille du CAP-SUR, c’est que tout le monde soit traité sur le même pied d’égalité, sans discrimination aucune. Il faut la justice. Depuis la création du parti il y a déjà 7ans, les gens ont tout fait pour nous diviser mais on tient toujours. On n’a enregistré que trois  démissions dans notre rang parce que nos militants sont  venus d’eux-mêmes. Il n’y a eu aucun cap surien qui est allé se rallier à un autre parti jusqu’ici. Je souhaite que le Tchad de demain ne soit pas comme celui d’hier et que les tenants du pouvoir regardent les choses de la manière la plus lucide et prendre un engagement ferme comme ils ont pris au départ pour des élections libres, transparentes afin de déboucher sur une alternance démocratique.

Entretien  réalisé par Kary Amadou            

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