Editorial : Jusqu’à quand ?

Une cinquantaine de pays africains reçoit à Washington aux USA une assistance alimentaire d’une valeur de 2,5 milliards de dollars américains, le 15 décembre dernier lors du sommet USA-Afrique. Une aide qui, soit dit en passant, va contribuer à faire en sorte que les enfants n’aient pas à se coucher le ventre vide, dixit le locataire de la Maison Blanche, Joe Biden. « leur prospérité alimentaire est essentielle à la fondation d’une paix durable et d’une prospérité plus large » renchérit-il.

Le don en soi ne pose pas problème. Le hic, c’est qu’après plus de 60 ans d’indépendance, pour la plupart de ces pays tendent encore la main de temps en autres vers l’Occident pour subvenir à un besoin primaire, comme l’alimentation. Tout en étant bien conscients que « la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ».

Pendant que les autres nations envoient les fusées pour coloniser l’espace, ici c’est le manger qui est le souci des populations de manière continue. Pire, quand ces aides arrivent, ce sont les plus nantis qui s’en délectent au détriment des vrais vulnérables. A 60 ans, un homme ne peut continuer à aller quémander chez ses amis pour s’occuper de ses enfants. Les Africains doivent s’affirmer en étant autonomes dans plusieurs domaines s’ils veulent être respectés.

Beaucoup d’analystes avisés affirment sans ambages que les aides bilatérales ou multilatérales ont tendance à appauvrir les bénéficiaires. Ce constat se confirme surtout en Afrique centrale. C’est à se demander si les Africains veulent réellement que leur voix porte dans le concert des nations. On ne refuse pas l’assistance d’un ami mais pas tous les temps et pour les besoins primaires. Cette main donatrice cache des intérêts insoupçonnés, ce n’est un secret pour personne. Et les dirigeants africains doivent ouvrir grand les yeux pour éviter d’être roulés dans la farine. Beaucoup de non-dits et d’intérêts géostratégiques y sont sous-jacents. A la longue, cet état de choses s’érigé un cercle vicieux dont il serait difficile d’en sortir.

De grâce, fini les discours ronflants, il faut mettre les bouchées doubles pour que les immenses richesses que regorgent le continent noir profitent à ses filles et fils sans distinction aucune.

Toutes les grandes puissances s’accordent à dire que l’Afrique est le continent de l’avenir, l’avenir du monde. Entre-temps la concernée elle-même se comporte comme une moins que rien. Les mêmes raisons justifient ces aides qui font la part belle à l’assujettissement des peuples africains. « Gouverner c’est prévoir, dit-on. Les mêmes causes génèrent les mêmes effets aussi. Le défi n’est pas l’aide elle-même, mais la mentalité de l’assistanat doublé d’un réel problème de gouvernance. Vivement, qu’en l’année 2023 se lève sur le peuple africain une ère de responsabilité, de justice et de transparence dans la gestion de la chose publique !

La Rédaction

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