Insalubrité des toilettes publiques : L’incivisme tue !

Dans les différents marchés de la capitale, les excréments jonchent partout le sol. Une odeur nauséabonde et insupportable vous accueille dès l’entrée. Un tour dans  quelques marchés de la ville de N’Djaména permet de se rendre à l’évidence.

Au marché de Dembé, il y a un manque criard de toilettes publiques obligeant les commerçants et les usagers à déféquer à l’air libre. Les denrées alimentaires de première nécessité tels que les fruits, les poissons, les légumes, entre autres, sont étalés à même le sol où mouches  et asticots se rivalisent d’ardeur autour, exposant les consommateurs à diverses pathologies liées à l’hygiène. L’on remarque également un peu partout, des tas  d’immondices s’amonceler telles des collines envahissant les allées de ce marché.

Sur les vingt-deux toilettes construites par les entrepreneurs privés et celles construites par l’ONG OXFAM en faveur de l’Association des femmes vendeuses de poisson, seules les deux dernières sont bien entretenues. Chaque jour, l’on observe des agents municipaux de la commune de N’Djamena ou ceux des communes des arrondissements se pointer devant les boutiques dans les quartiers tout comme aux marchés pour le recouvrement des taxes municipales, des patentes et le droit de place. Lors de ces opérations de recouvrement, ceux ou celles des détenteurs de boutiques qui n’ont pas leurs documents en règle voient leurs boutiques scellées par ces agents.

La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir à quoi servent les taxes collectées quotidiennement ou mensuellement ? Que font les responsables en charge du   service d’hygiène et d’assainissement de ces différents  marchés ?

Autres marchés, constats différents

Au marché de poisson à proximité du viaduc de Chagoua, se développe un incivisme caractérisé. Les toilettes modernes y sont construites. Cependant, les règles d’hygiène ne sont pas au rendez-vous. La défécation à l’air libre gagne du terrain dans ce marché et cela n’émeut personne. Après le marché de poisson, cap est mis sur celui de Moursal pour le même constat. Ce marché, l’un des plus vieux de la capitale dispose d’une seule toilette. Contrairement aux autres marchés, la toilette est bien tenue et entretenue. Ici, le service d’hygiène et d’assainissement travaillent d’arrache-pied pour maintenir le lieu salubre. Aussi, sensibilise-t-il les commerçants et les usagers à l’entretien de cette toilette pour leur bien-être.

Les risques encourus par les usagers de ces marchés dus à l’insalubrité sont énormes. En saison pluvieuse par exemple, les eaux de ruissellement drainent les matières fécales et contaminent les eaux de consommation. L’exposition des matières fécales associées aux eaux de ruissellement est source de maladies telles que la fièvre typhoïde, le choléra, les hépatites, etc. Ces différentes pathologies liées aux conditions d’hygiène et d’assainissement endeuillent chaque année un grand nombre de familles.

Hadje Delphine (stagiaire)

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