Paix durable : femmes et enfants, des acteurs non négligeables

Les femmes représentent la couche la plus nombreuse au Tchad. Leur apport et celui des enfants sont importants pour construire la cohésion sociale. Cependant, il arrive que ces deux couches sont à la base des tensions voire des divisions.

« Nos enfants ne sont pas nos enfants », disait Khalil Gibran. Ils sont les citoyens, des voisins et collègues en devenir. Ils sont potentiellement des futurs conjoints, parents et cadres d’une Nation ».  Cette affirmation de Khalil Gibran est une invite pour inculquer la culture de la paix aux enfants dès le bas-âge.

Au Tchad, la femme et l’enfant sont parfois source de problème dans certains environnements sociaux. Chaque jour, dans les quartiers de N’Djaména, des couacs entre des parents à cause de leurs progénitures ou entre les enfants eux-mêmes. Entre enfants, l’on peut entendre ceci : « rentres chez toi. Quand ton papa t’avait acheté le pain, tu as refusé de partager avec moi. » En ce qui concerne les mères, des affirmations comme « Ce sont tes enfants qui entrainent mes enfants dans le banditisme ou mes enfants, ne mangez pas chez un tel, ses parents sont des sorciers » sont courantes. Ces attitudes ne favorisent pas la paix, puisque les enfants regardent, commentent  et imitent ce qui les grandes personnes autour d’eux disent ou font.

Sollicité à ce sujet, le sociologue et anthropologue Dr Mahamat Foudda Djourab, enseignant-chercheur à l’université de N’Djaména croit que la femme peut contribuer à la paix au regard de son poids démographique. En effet, d’après le deuxième recensement général de la population et de l’habitat, les femmes représentent un peu plus de 52 % de la population. Le sociologue propose qu’il faille plus de femmes ou à proportion égale avec les hommes dans les postes nominatifs et électifs pour qu’elles participent à la paix.

Quant à l’enfant, Dr Mahamat Foudda Djourab pense qu’il « est encore à la quête de la connaissance de la paix. Pour qu’un enfant contribue à la culture de la paix, il va falloir qu’il reçoive en conséquent la culture de la paix, un cadre d’éducation adéquate et pour comprendre la valeur de la paix grâce au père et à la mère ».

Construire la paix durable

La paix doit être construite et préservée. Elle n’est pas une donnée stable et peut à tout instant être remise en cause. Maintenir et construire une paix durable va au-delà du simple dépôt des armes. Cela passe par la diminution de la pauvreté, le renforcement de la démocratie et l’éducation à la paix  et à la non-violence.  Selon sociologue Dr Mahamat Foudda Djourab, « la paix c’est la concession ». Il invite ainsi le gouvernement à faire des efforts pour aller « une fois de plus vers les mécontents et dialoguer sincèrement ; car aujourd’hui, dans la couche sociale et politique du Tchad, il y a plus de mécontents que de satisfaits ».

Ouangso Alain

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