Djarmaya/Ph Abdallah Youwa

Population de Djarmaya : Des chapelés de doléances pour leur survie

Donner la parole aux habitants vivant dans les campagnes du pays, recueillir leur avis sur le Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) ; voilà des objectifs recherchés par L’Info à Djarmaya, le 27 septembre 2022. De ce périple, trois camps se dégagent : les uns espèrent tirer le meilleur du DNIS, d’autres rien du tout, enfin ceux qui ne se sentent pas concernés.

Située à 30 km de la capitale, cette agglomération abrite la raffinerie et quelques unités industrielles. Plus de 20 mille âmes y vivent. La seule école primaire publique est jusque-là fermée malgré l’approche de la rentrée scolaire. Le centre de santé bien vétuste accueille plusieurs malades, le personnel est à pied d’œuvre. Les eaux de pluies ont envahi les champs. Conséquence, la flambée des prix de denrées alimentaires. Au marché de bétail, entre les moutons et bœufs, éleveurs et acheteurs discutent en silence. Tout un tableau qui remonte les habitants. Ceux-ci ne comprennent pas pourquoi leur cité ne bénéficie pas des revenus issus de la raffinerie et l’électricité produite sur place. C’est la plainte murmurée par la majorité. « Oui nous suivons le dialogue en démarrant nos groupes électrogènes mais ce qui nous préoccupe c’est la paix et notre développement. Notre plus grande attente c’est la paix et l’accès à nos ressources locales », lance le chef de village.

Au centre de santé, les agents de santé se contentent de la lumière que génèrent les panneaux solaires. Sur la place dédiée à la vente du bétail, certains commerçants avouent qu’ils ne s’intéressent pas aux discussions en cours au palais des Arts et de la culture. Néanmoins, il faut que l’issue soit heureuse pour une paix définitive entre éleveurs et agriculteurs. Qu’il y ait plus d’abreuvoirs construits et de médicaments  pour le bétail.

La bonne gouvernance

Par rapport à la forme de l’Etat, la plupart des habitants soutiennent qu’il faut des Etats fédérés avec des gouvernants qui dirigent bien, et connaissent bien les Etats et leurs besoins. Pour ceux-ci, la fédération leur permettra de bien tirer profit de leurs richesses locales, créera une forme de concurrence entre les Etats  en vue d’accélérer le processus de l’émergence.

Des cartons de verres de thé en main, un jeune sociologue-anthropologue, fait le tour du marché pour tirer sa pitance. Sa doléance, c’est l’intégration des cadres à la fonction publique. « Je ne comprends pas pourquoi après avoir investi pour notre éducation et formation, on nous laisse sur le carreau. Ce dialogue doit changer le sort des jeunes chômeurs comme moi », propose-t-il. Cette grande localité de 61 villages avec une seule école publique et une autre école et lycée privés. Et le taux d’abandon scolaire très élevé parmi les filles. Toutes choses qui choquent les jeunes. « Nous espérons que par votre média les autorités vont penser à notre souffrance. Nous avons usé de toutes les voies légales mais rien n’a changé. Ceux qui sont responsabilisés chez nous viennent avec leurs amis et parents pour occuper et piller tout. C’est vrai que tout le monde ne peut être chef mais qu’on pense un peu à nous les natifs», plaide un administrateur sous anonymat.

Florent Baïpou

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