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Bailleurs/locataires [1]: Des relations souvent conflictuelles

Dans la ville de N’Djaména où la plupart des habitants vivent en location, le contrat de bail pose un sérieux problème. Locataires et bailleurs s’accusent mutuellement pour le non-respect des termes du contrat. Difficile de trouver un terrain d’entente quand les deux camps tirent, chacun, le drap de son côté.  

Le conflit lié au contrat de bail est récurrent dans la ville de N’Djaména, particulièrement la location des maisons. Par méconnaissance des textes régissant le contrat de bail, bailleurs et locataires sont en conflit tous les temps. Les deux parties se rejettent les fautes quand il s’agit  du respect des obligations. Puisque la plupart des contrats se font de manière verbale. En cas de mésentente, l’on ne peut entendre des bailleurs que des paroles menaçantes : « libère ma maison » et le locataire de répondre en ces termes : « Je paie la maison, je ne suis pas ici gratuitement». A Moursal dans le 6ème arrondissement, un locataire confie sous anonymat qu’il  avait loué une chambre et vivait seul dans la maison au début. Ils s’entendaient  très  bien  avec son bailleur.  Mais quand il  a fait venir son épouse, les problèmes ont commencé. Celui-ci exigeait l’augmentation des frais de location. Chose qu’il ne voulait pas entendre et c’est ainsi que les problèmes ont perduré jusqu’à ce qu’il quitte cette maison.

Un soudeur du nom Djimadoum, locataire de son état, partage lui aussi son expérience. « J’ai  conclu un contrat de bail pour une chambre et espace d’atelier avec un bailleur à Walia dans le 9eme arrondissement, le tout  pour un montant de 70 000 F CFA le mois. Après quelque temps, le bailleur est venu rajouter de l’argent sous prétexte que le  groupe électrogène que j’utilise pour mon atelier de soudure détruit sa maison. C’est ainsi j’ai menacé de lui porter plainte s’il ne revoit pas sa décision  ».

Pour la bailleresse Falmata  reconnait pour sa part qu’elle n’a jamais fait mention d’un contrat écrit. « Je n’affiche pas un papier devant mon portail pour le plaisir de le faire. Je n’ai jamais signé un contrat de bail devant un juriste. C’est toujours entre mon locataire et moi, on le fait verbalement. Chez moi, on ne discute pas le coût de la location. Avant tout, on doit voir tous les contours et définir les clauses. Dans le cas contraire, chacun prend son chemin. Moi je suis une femme âgée et je ferme mon portail entre 21 heures et 22 h, parce que la nuit est faite pour dormir ». Cette dame souligne que bien des locataires ne respectent pas les clauses. « Certains transforment la chambre en un camp de passage et ne respectent pas ma famille. Je n’ai d’autre choix que de les renvoyer sans aucune autre forme de procès ». Quant au versement des frais de location, Mme Falmata ne tolère pas les retards et les désordres.  « Je peux tolérer 15 jours de paie et si tu es dépassé alors un mois d’arriéré, si tu tends vers le deuxième mois, tu es renvoyé. Malheur à toi si tu as un locataire très désordonné, alcoolique ou  fumeur, il remplit la cour avec les urines, le bruit et ce n’est pas bon pour la santé humaine » déclare-t-elle.

Quand les problèmes surviennent et que les deux parties jouent au chat et à la souris, un climat morose s’installe. C’est ainsi qu’il arrive que dans certains cas,  elles se retrouvent devant les chefs de quartiers,  dans les commissariats voire devant la barre pour  obtenir gain de cause.

Rémadji Clarisse (Stagiaire)

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