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Evolution politique au Tchad : Une transition tournée vers le bien-être des populations

La marche vers la refondation du Tchad se fait dans le consensus et la sérénité. Le niveau de la mise en œuvre des recommandations et résolutions du Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) témoigne de la volonté des plus hautes autorités à conduire la transition à bon port. Le retour à l’ordre constitutionnel étant le leitmotiv des dirigeants de la transition. Comment en est-on arrivé à ce stade ? Retour sur les faits marquants…

Dans la soirée du 19 avril 2021, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a déclaré vainqueur le candidat du Mouvement patriotique du salut (MPS), le Maréchal Idriss Déby Itno. Pendant que ses militants jubilaient à la place de la Nation, personne ne présageait ce qui allait se passer dans les heures qui allaient suivre. Soldat dans le sang, jaloux de la défense des acquis démocratiques, le Maréchal était loin des tambours des festivités de sa victoire. Il était au front face à l’ennemi, comme toujours. Le lendemain, pendant que les Tchadiens vaquaient normalement à leurs occupations, des dispositifs sécuritaires dans la ville ont changé. Interrogations après interrogations, les militaires font une déclaration sur les chaînes de radio et télévision nationales. Le Maréchal a succombé des suites de ses blessures face à l’ennemi. La fragilité de la situation a amené le président de l’Assemblée nationale qui, dans l’ordre constitutionnel, devrait assurer l’intérim à prendre la mesure de la chose. En toute indépendance, il opte pour la sécurisation des Tchadiens et de leurs biens, car le pays était en état de guerre. Ainsi, les militaires ont pris leurs responsabilités. Un Conseil militaire de transition (CMT) est automatiquement mis en place avec à sa tête, le général d’armée, Mahamat Idriss Déby Itno. Le choix des anciens porté sur lui pour diriger la première phase de transition de 18 mois n’est pas fait sur le patronyme, mais sur une expérience avérée à défendre le pays contre toute menace et bien au-delà.

Entre engagements et défis

Mahamat Idriss Deby Itno, Président de Transition/Ph ARCHIVES

Une nouvelle ère de la vie politique du Tchad s’ouvre. La première phase de transition est marquée par la volonté d’accélérer le processus du retour à l’ordre constitutionnel. La paix étant la base de tout développement, les autorités de la transition se sont, dans un premier temps, attelées à réconcilier les Tchadiens. Avec le soutien du Qatar, les pourparlers avec les politico-militaires prennent fin sur une note de satisfaction. Après la consultation de toutes les forces vives de la nation à l’intérieur du pays, le 20 août 2022 s’ouvre l’une des plus grandes rencontres de la vie politique tchadienne. Il s’agit du Dialogue national inclusif et souverain qui a réuni toutes les composantes de la société et a jeté les jalons de la refondation. Une partie de la société civile et des partis politiques ont désisté mais c’est la preuve de la vivacité de la liberté de choix au Tchad. Cette grand-messe a tracé le chemin pour aller vers un Tchad nouveau. Pour ce faire, 24 mois sont accordés au président de transition de mettre en œuvre les recommandations et résolutions. Cela a marqué l’entrée dans la deuxième phase de la transition.

Des perspectives d’espoir

Les premières heures de la phase de transition II sont marquées par les tristes évènements du 20 octobre occasionnant des morts. Le doute est semé dans la tête de plus d’un tchadien. Mais droit dans leurs objectifs de faire du Tchad un Etat de paix et un pays en voie de développement, les autorités de transition n’ont pas lésiné sur les moyens pour relancer un vrai débat politique. Des grâces sont prononcées à l’égard des prisonniers du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) et des manifestants, preuve d’une politique de la main tendue sincère. Le Conseil national de transition (parlement transitoire) est mis en place et comprend toutes sensibilités de la République. Un Gouvernement d’Union nationale dirigé par le président de l’UNDR, Saleh Kebzabo, est nommé. Le grand pas vers le retour à l’ordre constitutionnel est la mise en place de la Commission Nationale d’Organisation du Référendum ses démembrements provinciaux sont en train d’être installés.

Plus que jamais, la machine est mise en marche pour sortir le Tchad de son cycle infernal fait de conflits de toutes sortes. Ce n’est que par ce chemin que les projets de développement pourront prendre véritablement corps en faveur des populations.

Badoum Oumandé Henri

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