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L’an 1 du DNIS : « Nous avons tous intérêt à améliorer notre gouvernance »

Le 20 août 2022, le Dialogue national Inclusif et souverain (DNIS) lève ses rideaux. Cette grand-messe qui a duré plus d’un mois était l’occasion pour les 1546 représentants des différentes couches socio-professionnelles et politiques de statuer sur la vie et le devenir du Tchad. Un an après, il est question de ressortir un tant soit peu l’apport de ce dialogue dans la vie sociopolitique du pays.

A la fin des travaux du DNIS le 08 octobre 2022, 245 recommandations et 15 résolutions sont formulées en vue de refonder la nation selon les aspirations du peuple. Un cahier de charges devant conduire la phase 2 de la transition est retenu. Suivant les directives de ce cahier de charges, une feuille de route a permis la mise en place d’un gouvernement d’union nationale présidé par un ancien chef de file de l’opposition démocratique, en l’occurrence Saleh Kebzabo. Le gouvernement a, d’après le cahier de charges, la responsabilité de mettre en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des Recommandations et  résolutions du DNIS. C’est dans cet esprit que trois organes voient le jour. Le premier s’appelle Haut comité de pilotage de suivi de la mise en œuvre des recommandations et résolution du DNIS(HCP). Il est présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement. La mise en œuvre des recommandations du DNIS incombe en réalité au gouvernement de transition.

Le deuxième organe nommé Comité technique d’appui (CTA) au HCP est la  cheville ouvrière du HCP. Il est chargé de dérouler dans les détails la mise en œuvre des recommandations. En plus de ces deux organes, le président de la République, garant de la mise en œuvre a mis en place un Comité indépendant de suivi-évaluation des recommandations du DNIS(CIS). A côté de ces organes, en matière de mise en œuvre de l’accord de Doha, il y a deux organes de suivi, un au niveau national et l’autre au niveau international, en prenant en compte toutes les problématiques liées aux questions du DDR(Désarment, démobilisation et réinsertion).

Un an après quel est le niveau de mise en œuvre de ces recommandations ? Senoussi Hassana Abdoulaye, Rapporteur général du CTA par ailleurs Directeur général de l’ENA révèle qu’il y a eu des résolutions fortes qui ont été immédiatement mises en œuvre. « Ce sont notamment la suppression du Conseil militaire de transition(CMT), le réaménagement du Conseil national de transition (CNT) pour plus d’inclusivité, la formation d’un gouvernement d’Union nationale, la libération des prisonniers politiques, la réforme de l’armée, les questions liées aux personnes vivant avec un handicap, une meilleure prise en compte des femmes, des jeunes et un projet de constitution qui a fait l’objet de discussion, d’adoption au niveau du Conseil des ministres et du Conseil national de transition(CNT) ». En plus de ces résolutions fortes, d’autres recommandations et résolutions sont mises en œuvre. « Au CTA, sur l’ensemble des recommandations du DNIS, il y a plus de 20 % qui sont déjà réalisées,  50 % de recommandations en cours de l’être et autour de 30 % qui n’ont pas encore connu un début de mise en œuvre. Le processus est en marche, à la différence des autres conférences antérieures, où il y a cette fois-ci un mécanisme de suivi, de transparence. Qui veille au grain et s’assure de la mise en œuvre des recommandations » précise le Rapporteur général du CTA.

Quant au sentiment de vivre ensemble et de tolérance, Senoussi Hassana Abdoulaye, fait observer qu’il est tôt pour une quelconque évaluation. Pour lui, il n’y a pas eu une nette amélioration ni une totale dégradation de ce sentiment. Car il y a une prise de conscience chez plusieurs jeunes Tchadiens. Ils sont conscients qu’ils ont intérêt à vivre ensemble unis que divisés ou séparés. « Il ne faut pas céder facilement aux sirènes de l’illusion et de la manipulation. Maintenant c’est de la responsabilité de chacun de se dire qu’est-ce que nous voulons pour l’avenir de notre pays ? Nous sommes encore à la croisée des chemins, il y a des choix à faire. Ceux qui veulent la division et la séparation du Tchad, c’est une option mais dangereuse. Ceux qui veulent rester unis, c’est une option optimiste, travaillons et construisons ensemble pour que ce sentiment d’unité s’améliore ». Le rapporteur du CTA persiste et signe que les Tchadiens n’ont pas d’autre choix que de rester ensemble. « Après tout, nous avons tous intérêt à améliorer notre gouvernance, notre façon de faire, et c’est une responsabilité individuelle et collective » préconise Senoussi Hassana Abdoulaye.

Florent Baïpou

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