Le Sida, les hépatiques virales et les IST : « Le contact sanguin propage ces infections »

Au fur et à mesure que les années passent, le Sida, les hépatiques virales et les IST ont tendance à être négligés, pourtant ces maux continuent de faire des dégâts. Parfois, les spécialistes peinent à se faire entendre par les populations de plus en plus préoccupées par des nouvelles maladies. Le coordonnateur du Programme de lutte contre le Sida, les hépatiques virales et les IST, le Pr Abderrazzack Adoum Fouda, donne d’amples explications sur ces pathologies et l’évolution de la lutte au Tchad.

Quels sont les différents types d’hépatites et les voies de contamination ?

Nous avons principalement l’hépatite B et C qui circulent beaucoup. Et l’hépatite B, aujourd’hui constitue un problème de santé publique. D’après les enquêtes et les rapports que nous recevons, il y a une ascendance des hépatites. L’hépatite B a le même mode de contamination que le VIH/Sida. C’est toujours une contamination verticale et horizontale. Verticale c’est-à-dire de la mère à l’enfant et horizontale c’est-à-dire que les risques de contaminer avec des comportements à risque, principalement les multitudes de partenaires, des actes sexuels non protégés, pendant les transfusions sanguines, etc. Le contact sanguin fait que ces infections peuvent se propager.

Quelles sont les innovations dans la  lutte contre les IST en général ?

En général, il y a beaucoup de pistes probantes pour la recherche. Mais, il y a aussi des essais cliniques et médicamenteux. Aujourd’hui, grâce à l’avènement des antirétroviraux, le VIH a pu être circonscrit. La recherche a amené la disponibilité des ARV. C’est-à-dire, nous sommes arrivés à limiter la transmission du VIH de la mère à l’enfant. De nos jours, une mère enceinte qui est séropositive et qui prend régulièrement son traitement, alors l’enfant a 99% de chance de ne pas contracter le virus. Grâce à la recherche, il y a des gammes d’anti retro viraux. Mais d’une manière scientifique, il n’y a pas encore des médicaments qui guérissent complètement le VIH. C’est des médicaments qui bloquent réplication. Dans l’histoire, on sait qu’il y a deux malades qui sont guéris du Sida. L’un à Berlin et l’autre en Grande Bretagne, là ils ont connu une grève de la moelle osseuse.

Parlez-nous de la tendance actuelle du VIH/Sida au Tchad et le taux de prévalence.

Il faut rappeler que depuis 2007, il y a l’institution de la gratuité des soins. Dès lors, la prévalence a chuté. Aussi, nous avons eu à remarquer un très grand nombre de personnes sous traitement des ARV. Parce que le traitement et le suivi sont gratuit. Durant la transition, nous avons constaté en 2021, le nouvel Spectrum donne une prévalence de 1.1%, versus 1.6 dans résultat de l’enquête LSD de 2014 -2015. Nous voyons une baisse de tendance. C’est grâce aux déterminations et orientations des plus hautes autorités. Nous constatons que la tendance évolutive est beaucoup plus observée chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans et chez les femmes.

 Le Tchad dispose-t-il de stock suffisant de médicaments pour les prises en charge ?

Bien-sûr, il y a une quantification faite pendant trois ans de la subvention où une partie est prise entièrement par les partenaires et une partie par l’Etat. Aucune rupture n’est constatée ces derniers temps. D’ailleurs nous en tant que professionnels, nous luttons énormément pour qu’il n’y ait pas de rupture. Parce que les ruptures peuvent entrainer plusieurs risques et des complications sévères aux patients sous traitement des antirétroviraux. Il faut que la population soit consciente, surtout face aux charlatans, à certaines personnes de mauvaise foi qui disent qu’ils peuvent soigner le VIH, les hépatites à base des plantes et des décoctions. Aujourd’hui, la meilleure thérapie de lutte contre le VIH est la prise des ARV en cas d’infection.

Votre institution connait sûrement des difficultés. Peut-on en savoir plus ?

Non seulement pour les Etats qui observent une période de transition. Même les pays stables, il y a des difficultés. Peut-être que les formes de difficultés sont différentes. Dans la phase de transition en matière de la gestion du VIH nous ne constatons pas assez de difficultés. Ce qui nous importe, nos stocks de médicaments sont là et disponibles, nous avons des appareils pour suivi biologique de nos malades…

Quels sont les objectifs poursuivis par votre programme ?

Le Programme sectoriel de lutte contre le Sida, les hépatiques virales et les infections sexuellement transmissibles est un programme du ministère de la Santé publique et de la Prévention. Au sein du programme, il y a des projets. Il est créé en 2009, entretemps, c’était le Programme national de lutte contre le Sida. Or, au Tchad à travers le ministère de la Santé publique et de la Prévention, appuyé par ses partenaires financiers et techniques, a pu intégrer la lutte contre les hépatites dans le Programme sectoriel de lutte contre le VIH. D’où le changement de dénomination VIH/Sida et hépatites. C’est un programme qui met en œuvre toutes les activités de lutte contre le VIH/Sida dans le secteur de santé. Notamment le suivi des patients, sensibiliser la population sur la prévention contre cette infection, disponibiliser les ARV, collecter et analyser les données statistiques et technologiques des activités des sites de prise en charge…

Quel serait votre mot pour la population

J’invite la population à venir massivement à la Maison nationale de la Femme pour d’abord écouter les messages des professionnels en termes de sensibilisation. Le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers son Programme sectoriel de lutte contre le Sida, les hépatiques virales et les infections sexuellement transmissibles offre le dépistage gratuit et volontaire. Il y a  aussi une équipe de spécialistes disponible en cas de révélation de tests positifs, la prise en charge est automatique et précoce.

Salahadine Sabour Mahamat

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