A LA UNE

Lutte contre le paludisme : Des moustiquaires utilisées à d’autres fins

Chaque année, pendant la saison des pluies, les cas de paludisme deviennent récurrents. Pour aider les ménages à se protéger contre cette maladie, le gouvernement et ses partenaires distribuent, gratuitement, aux familles, des moustiquaires imprégnées. Bien qu’elle soit utile dans la lutte contre cette maladie, ces moustiquaires se retrouvent, parfois, sur les marchés ou bien les bénéficiaires l’utilisent à d’autres fins.

Dans presque tous les quartiers de la capitale, N’Djaména, des familles utilisent les moustiquaires, qu’elles soient imprégnées ou pas. Dans certains quartiers comme Klemat, Ridina, Bololo, Mardjandaffack, Ardepdjoumal, Kabalaye ou Chagoua, les gens dorment sous une moustiquaire durant toute l’année. Par contre, dans d’autres quartiers, surtout à la périphérie de la capitale, les moustiquaires sont utilisées que pendant la saison des pluies. La moustiquaire imprégnée est imbibée d’insecticide. Dès l’acquisition, elle doit être exposée au soleil pendant quelques heures, sans être trempée dans l’eau.

Vu le taux élevé de morbidité et de mortalité lié au paludisme, Dr Demba Kodindo Israël, chef de section lutte antivectorielle au PNLP, explique que l’Etat a décidé de mettre à la disposition de la population la moustiquaire imprégnée. D’après lui, les anciennes moustiquaires simples non imprégnées, se déchirent vite. Elles ne protègent pas bien contre les moustiques, souligne-t-il. « L’insecticide est alors rajouté pour constituer une double barrière, physique et chimique pour éviter les piqures de moustiques. Dès que le moustique touche, automatiquement, il meurt », éclaire le chef de section lutte antivectorielle du PNLP.

Djedouboum Esrom, enseignant de son état, utilise la moustiquaire imprégnée. « Lorsque j’ai reçu une moustiquaire imprégnée, je l’ai trempée dans l’eau avec de la mettre sous le soleil ou l’ombre pour dégager les effets. « Après, je l’attache pour dormir dedans », confie-t-il. Certaines personnes s’étouffent en dormant sous la moustiquaire. D’autres disent avoir des démangeaisons. Dr Demba Kodindo Israël rassure que ce sont des cas rares. Il reconnait, toutefois, que pour chaque produit, il y a des personnes allergiques. Sinon, insiste-t-il, les produits mis sur cette moustiquaire n’ont pas d’effets négatifs sur l’organisme.

Obtenir une moustiquaire

Le gouvernement à travers le Programme National de Lutte contre le Paludisme, distribue, gratuitement, les moustiquaires imprégnées aux ménages. Il s’agit de la distribution de masse pendant laquelle toute la population en bénéficie. Cette opération se fait chaque trois ans. La deuxième méthode est celle de la distribution de routine qui concerne uniquement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Cette distribution se fait à l’occasion des campagnes de vaccination. Le chef de section lutte anti vectorielle, Dr Demba Kodindo Israël explique qu’un standard est fixé lors de la campagne de distribution de masse. « Nous donnons une moustiquaire pour deux personnes. Selon la taille du ménage, certains peuvent avoir trois, quatre voire cinq moustiquaires. Le célibataire a aussi droit à une moustiquaire », éclaire-t-il.

Dr Demba Kodindo Israël conseille les ménages d’utiliser ces moustiquaires à bon escient. Car, martèle-t-il, une moustiquaire imprégnée revient à 8 000 Fcfa à la sortie usine. Il invite ceux qui utilisent cette moustiquaire pour la pêche ou protéger leurs plants. « Près de 90% des cas de paludisme sont transmis par les piqûres de moustiques », rappelle-t-il.

Selon le rapport annuel 2022 du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) bureau du Tchad, 1028 800 cas de paludisme ont été enregistrés, dont 192 928 cas graves, et environ 35,96% des décès chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes dus au paludisme.

Le modèle de la nouvelle moustiquaire commandée dispose de fil sur chaque côté. Elle a deux couleurs pour être distinguée des autres moustiquaires. Une fois dedans, l’utilisateur doit mettre les bouts disposant de fil sous son matelas ou son couchage. Pour ceux qui disent s’étouffer sous la moustiquaire, Dr Demba Kodindo Israël conseille de laisser une aération dans la chambre, notamment éviter de fermer la porte ou la fenêtre.

Article réalisé dans le cadre du projet Afri’Kibaaru

Ouangso Alain (stagiaire)

À propos de ATPE

Vérifier aussi

Campagne « ASSEZ » : Une réponse de World Vision face à la faim

La campagne « ASSEZ » de World Vision est lancée au Tchad, le lundi 27 mai 2024 …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *