Réseaux sociaux : La cohésion sociale menacée par les fake news

Depuis quelques temps, certaines images et vidéos banales sur les conflits intercommunautaires dans le Tchad profond deviennent de plus en plus virales sur les réseaux sociaux. Toujours est-il que ces postes doivent être pris avec des pincettes.

Les conflits intercommunautaires, pour ne pas dire les conflits éleveurs-agriculteurs, prennent une proportion inquiétante dans l’arrière-pays. Ces affrontements inutiles se soldent souvent par des morts d’hommes. Cependant, la manière avec laquelle ils sont gérés et relayés laisse perplexe.

Les chiffres avancés sur les dégâts des conflits qui s’éclatent  sont donnés de façon disparate. Les « lanceurs d’alerte » que l’on peut nommer « internautes » relayent les informations moins sûres sans tenir compte des conséquences qui peuvent en découler. De même que les journalistes qui sont censés vérifier toute information avant publication se lancent dans cette aventure rocambolesque, oubliant l’éthique et la déontologie qui insistent sur la responsabilité du journaliste en termes de traitement de l’information.

Une tête pensante  l’a si bien relevé : « L’information est comme une arme. Elle peut construire tout comme détruire.»  Tout dépend de sa manipulation. Si elle est manipulée, elle contribuera à la destruction d’une nation et si elle est bien traitée, elle servira au développement du pays.

La goutte d’eau ayant débordé le vase, est l’image d’un parent qui porte son enfant calciné dans les bras. Cette image horrible a été choisie pour illustrer le cas récent du conflit  sanglant éleveur-agriculteurs  dans le Lac Iro  alors que cette image a été prise à Bamenda au  Cameroun  lors d’une  attaque des séparatistes anglophones. Les cas de cette nature sont légion. Beaucoup d’informations erronées sont relayées à travers les réseaux sociaux. Ces informations non vérifiées et sensibles mettent à mal la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Ce genre d’information est susceptible de promouvoir la haine au sein des différentes communautés.

Agir avec beaucoup de responsabilité

En tout état de cause, en ce moment  où le Tchad traverse une période pénible de transition, chacun devrait agir avec une certaine maturité afin de ne pas remuer le couteau dans la plaie. La police judiciaire  ferait mieux de prendre des dispositions pour éviter les dérapages. Interpeler les auteurs des fausses informations et mettre en place un mécanisme de traçage et de recoupement de ces informations. Les journalistes doivent pleinement jouer leur rôle  d’informer en temps réel sans toutefois désinformer.

Kary  Amadou, stagiaire

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