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Senafet : Certaines femmes rurales se sentent lésées

Pourquoi une fête dédiée aux femmes sans exception se célèbre sans tenir compte de celles vivant en milieu rural. Ces dernières ne sont-elles pas des femmes ? Méritent-elles cette discrimination? Pourtant elles sont les plus vulnérables et donc, celles à qui l’on doit accorder une attention particulière. Rencontre avec Mariam Hissein et Ignadoum Alphonsine, toutes deux, vivant à Koundoul.

A environ 30 kilomètres à la sortie sud de N’djamena, dans la sous-préfecture de Kondoul, province du Chari Baguirmi, le marché est moins mouvementé. Loin des publicités en grande pompe pour annoncer la célébration de la Senafet, les femmes qui vivent dans cette localité d’adonne à leurs activités quotidiennes pour subvenir aux besoins de la famille. La Senafet bien que leur semaine, sa célébration est le cadet de leur soucis.

Mariam Hissein, trentaine révolue, cette mère de 4 enfants, est abandonnée par le père de ses enfants depuis un an. Avec son petit commerce, elle trouve de quoi nourrir ses enfants. A la question de savoir ce qu’elle pense de la Senafet, elle s’exclame : « Wala narfou   8 mars, hanina ! (en arabe local, nous ne connaissons pas 8 mars ndrl) Tout se passe dans les centres villes. Les pagnes, le partage de l’argent et bien d’autres choses. « Je me demande ce que font les femmes leaders. Ministres, directrices et autres, censées porter nos voix, ne le font pas. Tous les jours doivent être 8 mars pour nous les femmes; il serait salutaire de chercher à améliorer les conditions des femmes vulnérables comme nous, créer les groupements des femmes, les former pour la transformation des différents produits locaux, créer des marchés dans les zones rurales, les doter de tentes, construire des forages d’eau partout permettant à ces femmes de faire les cultures maraîchères, créer les centres de santé à proximité pour réduire les distances et éviter à nos enfants de mourir.

Le gouvernement doit réduire les prix des denrées alimentaires de première nécessité, c’est la meilleure façon de sortir les femmes de la pauvreté et pour leur épanouissement. C’est cela fêter le 8 mars, selon Mariam Hissein. L’Etat doit redéfinir la Senafet en prenant en compte toutes les femmes vivant en milieu rural pour éviter les frustrations.

Ignadoum Alphonsine aussi dans la même tranche d’âge, mère de 4 enfants vivant avec son mari, un homme n’exerçant aucune activité. C’est elle qui prend en charge  sa famille avec son petit commerce. Les préparatifs et la célébration du 8 mars, selon celle-ci, pour les femmes qui mangent et qui sont bien rassasiées. Ne dit-on pas qu’un sac vide ne peut se tenir debout? « Personne ne pense à nous comme d’habitude et nous sommes habituées. Le 8 mars même, pendant que les autres femmes mangent et boivent ensemble, nous, notre place c’est au marché pour trouver de quoi nourrir nos enfants ». En ce qui concerne les pagnes 8 mars, Alphonsine fulmine en ces termes : «Laissons les vraies tchadiennes porter leurs pagnes, et nous autres, achèterons trois mois plus tard, faute de moyens». Je demande à mes sœurs qui sont dans le gouvernement de penser aux autres femmes qui vivent en milieu rural afin de comprendre le sens de la Senafet, poser des actes qui vont changer les mentalités, le comportement de ces dernières.

Newingar Minguéngué Jacqueline

 

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