Diplomatie : Le Tchad, présent sur plusieurs fronts

Des crises politique et sociale qui secouent le Sahel et défont certains dirigeants sur fond de revendications populistes. Dans ce contexte difficile,  le  Tchad s’est attelé à renforcer et redorer sa diplomatie au plan international et sous-régional. Le chef de la diplomatie tchadienne Mahamat Saleh Annadif retrace les actions phares.

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, des Tchadiens de l’étranger et de la Coopération internationale affirme que le Tchad évolue dans un environnement fragile. Ses voisins, la Libye au nord, la RCA au sud vivent des crises politiques, Boko Haram sévit au Nigeria, au Niger et au Cameroun et ôte le sommeil aux paisibles citoyens. Sans oublier la guerre au Soudan et le coup de force au Niger. Devant cette tempête qui s’abat, en bon voisin, le Tchad leur a porté secours et se préoccupe de leur sort. « On choisit son ami, mais pas son voisin. Nous avons mené des actions parce que leur instabilité influe sur notre stabilité » explique Mahamat Saleh Annadif. D’après le diplomate chevronné, le Tchad était le premier pays à prévenir ce qui allait se passer au Soudan. Il a appelé gentiment les frères soudanais, les généraux Mohammed Hamdan Daglo surnommé Hemetti et  Abdel Fattah-Al-Burhan, pour les prévenir des risques, mais malheureusement, en avril dernier, le conflit s’est allumé. Même dans ces conditions, le pays a multiplié les contacts avec les deux parties, pour leur  prodiguer des conseils et secourir les réfugiés et déplacés. « Et notre implication s’était matérialisée par la tenue le 7 août dernier, de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays voisins du Soudan avec pour objectif, la recherche des solutions». Tout cela dans le souci majeur de restaurer la stabilité.

Pour le cas nigérien, le Tchad était aux premières loges pour rapprocher le chef de l’Etat Mohamed Bazoum et les putschistes.  Le Tchad s’est opposé à une intervention militaire et veille sur la situation de ses ressortissants. « Jusque-là, les Tchadiens n’ont aucune inquiétude. Ils sont comme les autres citoyens qui y vivent. Mais évidemment il y a une certaine psychose au Niger qui les concerne également. Sinon il y a des problèmes avec les Tchadiens qui sont en transit au Togo, au Ghana et au Bénin par le Niger, qui sont soit des étudiants, soit des hommes d’affaires, qui sont obligés de transiter par le Niger. Le Niger a fermé ses frontières et au moins 41 Tchadiens ont été pris et gardés. Grâce à l’intervention de notre ambassade, ils ont été libérés et tous sont sur la route pour regagner le pays» rassure le ministre d’Etat.

Privilégier le dialogue

Abordant la question du sentiment anti français considéré comme un fait têtu, le ministre en charge des Affaires étrangères reconnait que c’est le résultat de beaucoup de choses, notamment l’histoire de la France avec les pays de l’Afrique francophone. Avec la montée du terrorisme dans le Sahel et l’intervention des forces françaises, ce sentiment s’est  accru au sein des populations surtout par l’influence des réseaux sociaux qui facilitent la circulation des informations de toutes sortes. « C’est une situation que nous devrons gérer avec beaucoup de précautions. Nous devrons privilégier le dialogue, la sagesse, même si ce n’est pas facile. Les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui une arme de destruction massive à laquelle le politique doit faire preuve de beaucoup de discernement pour faire comprendre un certain nombre de choses. Mais, comme dans un couple, il y a toujours des hauts et des bas » soutient le chef de la diplomatie tchadienne.

Florent Baïpou

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