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Lutte contre le paludisme : d’autres astuces pour endiguer le mal

Le paludisme, maladie endémique dont les causes sont meurtrières au Tchad. Chaque année, l’on enregistre d’importants cas de décès dus à cette maladie. Malgré les efforts consentis par le gouvernement pour son éradication au travers des moustiquaires imprégnées, le paludisme continue de faire des ravages sous l’œil impuissant des chercheurs chevronnés. L’impulsion des autres mesures préventives pourrait inverser la tendance.

La malaria ou le paludisme prend une proportion inquiétante. En cette période de saison de pluie, cette maladie endémique s’intensifie et la population en prend un coup dur dont les plus vulnérables sont les femmes enceintes et les enfants. Cependant, les hôpitaux et centres de santé ne se désengorgent pas. Dans certains districts de la capitale, le nombre de patients souffrants de cette maladie impressionne le corps soignant. C’est le cas de l’hôpital du district de l’Union, l’un des plus grands districts de la capitale tchadienne.

« Dans nos trois box de consultations, nous recevons en moyen 45 cas des personnes malades de paludisme par jour. Il arrive parfois que moi seul, je reçois 30 malades, imaginez si les trois bureaux consultent 30 cas par jour. Certains sont hospitalisés, d’autres sont traités en ambulatoire. Les cas les plus constants sont les femmes enceintes et les enfants. Il y a aussi le cas des personnes anémiées. Ainsi, on parle du paludisme grave. Dans la plupart des cas, si le patient est pris en charge à temps, le traitement sera satisfaisant », renseigne Dr Ampil Joseph médecin en chef de l’hôpital de l’Union. Rien que pour le mois d’août, l’hôpital de l’Union a enregistré plus de 500 cas graves de paludisme.

En tout état de cause, jusqu’ici le moyen le plus sollicité  pour lutter contre le paludisme est l’usage des moustiquaires imprégnées mais, cette astuce s’avère inefficace vu les cas qui s’augmentent du jour au lendemain. Avec l’aggravation des cas du paludisme, l’on se demande à quoi servent les opérations et les campagnes lancées chaque fois par les autorités pour éradiquer la maladie ?  Cependant, les sensibilisations doivent s’intensifier dans les ménages afin d’expliquer les risques de la malaria si elle n’est pas soignée à temps. La problématique de la prévention  faite par voie des vaccins, doit être prise au sérieux par les autorités compétentes. Puisque certains parents sont hostiles à ces vaccins, il est question de revoir l’efficacité des médicaments antipaludéens. Il y a lieu aussi de réorienter et recadrer le corps soignant sur la prise en charge et le traitement du paludisme dans les structures sanitaires, mettre sur place un mécanisme permanent de démoustication dans les ménages et les espaces publics. Les programmes de lutte contre le paludisme doivent repenser leurs stratégies et techniques opératoires. Les professionnels tchadiens en santé doivent développer une recherche pour bloquer la multiplication des anophèles. Car, sous d’autres cieux, les chercheurs ont couché une technique pour contraindre la propagande de paludisme, cas du Burkina-Faso.

Disposer des moyens de prévention  en journée  

D’après les résultats d’une étude menée par les chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Dakar (Sénégal)  et de l’Institut Pasteur de Bangui (Centrafrique) en 2021 et publiés sur le site scidev.net, les piqûres des moustiques vecteurs du paludisme au cours de la journée dépassent les estimations connues jusqu’ici. Cette enquête révèle que 22%  des piqûres de moustiques parmi lesquelles environ 3 à 4% peuvent être infectantes, surviennent dans la journée. L’étude renchérit que ce mode de transmission échappe aux moustiquaires imprégnées censées prévenir la maladie. Les parents doivent protéger les enfants. Les mettre sous les moustiquaires imprégnées au crépuscule et leur interdire de jouer dans des lieux insalubres et sombres en journée. De même que les femmes enceintes et les adultes.

Kary  Amadou, stagiaire

 

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