Editorial : Le paludisme persiste !

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 241 millions de personnes dans le monde ont été atteintes en 2020 par le paludisme. Le commun des mortels ne comprend pas pourquoi en dépit des énormes ressources investies jusque-là et l’évolution des recherches scientifiques, le mal continue. A cette question, les experts en la matière soutiennent que les parasites de genre plasmodium passe au cours de sa vie par des étapes successives avec de multiples phases de multiplication asexuée et sexuée rendant difficile la mise au point d’un vaccin définitif. Ces parasites développent des résistances vis-à-vis des insecticides et antipaludiques. Ainsi, les molécules antipaludiques se révèlent inefficaces dans le temps et l’espace. Entretemps, la maladie occasionne des pertes en vies humaines et matérielles tout en sapant les économies nationales. Car les hommes et femmes malades ne peuvent participer efficacement au développement de leur pays. Les enfants, constituant l’avenir du pays, sont alités au lieu d’aller à l’école.

Cette maladie mortelle, faut-il le rappeler, est transmise par la piqûre d’un moustique femelle appelée anophèle, lui-même infecté par un homme impaludé. Les mâles ne transmettent pas la maladie. Le traitement passe par la lutte anti vectorielle et les traitements préventifs. Il n’y a pas de traitement absolu contre l’infection. La seule alternative est de se protéger contre les piqûres de moustiques par l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée et produits anti moustiques. Aucun moyen préventif n’assure à lui seul une protection totale. Même si le traitement adapté a été bien pris, il est possible, parfois d’apparition tardive, affirment les spécialistes.

Les moustiques vecteurs du paludisme existent dans une centaine de pays dans le monde particulièrement dans les zones tropicales défavorisées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. La région africaine est la plus touchée avec 94 % des cas recensés. Au Tchad, le paludisme est endémique. Toutes les familles l’ont subi et en savent les conséquences mais les mentalités ne changent pas chez la plupart des populations. Quelle ne fut pas la surprise des distributeurs de voir les moustiquaires distribuées, utilisées à d’autres fins notamment pour protéger les cultures maraichères ou de pêcher dans les fleuves et cours d’eau, pendant que les hommes sont à la merci des moustiques.

La pauvreté, l’automédication, l’insalubrité environnementale et le retard dans la prise en charge, le non-respect des protocoles de traitement, l’absence d’infrastructures sanitaires constituent les principaux facteurs favorisants. La propagation du paludisme est révélatrice des défis et difficultés du système sanitaire du pays. En y remédiant, les populations verront leurs souffrances réduites à défaut de trouver satisfaction totale.

La Rédaction

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