Tchad : La Nation à la croisée des chemins

L’année 2022 qui s’est achevée aura été marquée par l’organisation du Dialogue national inclusif et souverain promis par le général Mahamat Idriss Déby Itno, lorsque les militaires ont pris leur responsabilité après la mort du Maréchal Idriss Déby Itno au front. Le général Mahamat Idriss Déby Itno a tenu sa promesse en organisant un dialogue national inclusif et souverain de plus de quatre semaines qui a marqué la vie politique du pays au cours de cette année 2022.

Comparé à la Conférence nationale souveraine de 1993, le Dialogue nationale inclusif et souverain organisé en 2022 a un tout petit peu déçu au niveau des débats mais force est de reconnaître honnêtement qu’il a été bien préparé  par le CODNI avec des consultations à l’intérieur du pays dans les 23 provinces et au sein de la diaspora. Cette préparation a été également marquée par un pré-dialogue marathon qui a duré six mois à  Doha au Qatar. Globalement, il ressort des consultations  du pré-dialogue que les problèmes de notre pays  depuis 1993 et même bien avant 1993 sont caractérisés par l’injustice qui créée des frustrations et entraînent des rébellions dans le pays.

Si le Tchad connaît le problème de paix, de cohésion nationale, c’est le premier élément qui doit être abordé pour savoir qu’est-ce qui est à l’origine de l’effritement du tissu social dans notre pays. Pourquoi les Tchadiens se rejettent-ils ? Pourquoi nous n’arrivons pas à nous accepter ? Pourquoi nous créons toujours des soubresauts, des rébellions qui conduisent à des ruptures de l’ordre constitutionnel ?

Des points à élucider

Malgré sa souveraineté et son inclusivité, le Dialogue national n’a pu permettre d’arrêter la forme de l’Etat à la fin des travaux en dépit des débats passionnés à ce sujet. Néanmoins un référendum est envisagé à ce sujet. Une nouvelle constitution sera adoptée par referendum et cette nouvelle constitution tiendra compte de la forme de l’Etat. La nature du régime politique n’a pas échappé aux participants tout comme la nature du régime parlementaire avec un parlement bicaméral.

Comme une tour de Babel

Avec les nombreux problèmes enregistrés dans ce pays et tout ce que nous connaissons en termes d’effritement du tissu et du lien social, il fallait crever l’abcès.  Les 1500  participants ont délié leur langue pour dire ce qu’ils pensaient de leur pays à telle enseigne que le dialogue ressemblait dans les deux premières semaines à une tour de Babel où personne ne comprenait personne.

Dans son souci  d’emmener les mécontents aux meilleurs sentiments, le président du présidium avait aussi créé un Comité ad hoc composé des officiers généraux, des négociateurs  de l’accord de Doha et des chefs traditionnels mais sans succès. Cahin cahan, le Dialogue s’est déroulé avec une avalanche de démission de certains participants parmi lesquels les représentants de l’Eglise catholiques. Capable du meilleur comme du pire, Ngali NGoté aidé par son charisme, a réussi à  diriger ce Dialogue. Un Dialogue national inclusif et souverain qui a confié au général Mahamat Idriss Déby Itno, une autre transition de 24 mois pour préparer les futures élections avec un référendum sur la forme de l’Etat. Il sortira grandi de cette transition de 24 mois qui lui a été confiée à l’issue de ce Dialogue , s’il ne trahit pas l’humilité et la sagesse qui lui ont permis de bien mener la transition de 18 mois.

Le vivre ensemble comme leitmotiv

A cet effet, le président doit rester attentif aux cris de ses compatriotes au lieu d’écouter les mauvais conseillers qui s’emploient à le prendre en otage pour le dresser  contre ceux qui le contestent. Dans cette transition de 24 mois qui vient d’être éprouvée par des manifestations sanglantes, Mahamat Idriss Déby Itno doit faire preuve de sang-froid et de clémence, en évitant la chasse aux sorcières, car  après ces manifestations qu’on a qualifiées  d’insurrection, l’unité nationale et le vivre ensemble ont pris un coup sérieux et le lien social qui fait la force d’une nation est dangereusement menacé de rupture. Le président doit faire de l’unité nationale et du vivre ensemble une véritable mission pour se faire accepter dans tout le pays.

Ladjal Callixte   

 

 

 

À propos de Henry Badoum

Vérifier aussi

Ministère de la Communication : le plan de carrière des agents au centre des préoccupations

Le ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Aziz Mahamat Saleh, a rencontré ce lundi …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *