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De la justice pour l’Unité !

Les Tchadiens continuent à se rejeter sur fond d’injustice sociale, des inégalités et différences liées à la politique, la mal gouvernance, la région et la religion. Depuis belle lurette, le clientélisme et la corruption ont droit de cité dans cette République. Dans les instances administratives, les administrateurs de crédits et autres ne rendent pas compte des déficits moins encore, des fautes professionnelles graves commises. Et même en cas de faute, il n’y a point d’action récursoire pour sanctionner les récalcitrants ou encore dissuader d’éventuels agents mal intentionnés. S’il arrive que cela se passe, seuls les sans défense en pâtissent. Les rapports et propositions des inspecteurs pour recadrer les agents sont classés dans les tiroirs. La promotion des cadres ne se fait pas selon les mérites ou encore les plans de carrière. La justice semble appartenir au plus fort, l’excellence et la compétence sont reléguées au second rang. Les auteurs de malversations financières ont des protecteurs. Déjà en son temps, impuissant d’agir, le président de la république, feu Idriss Déby Itno était passé aux aveux d’impuissance face aux délits économiques et à la délinquance sociétale. Et il a dit en ces termes « s’il vous plait, arrêtez de voler ». L’injustice sociale et le manque d’amour des uns vis-à-vis des autres est devenue une plaie béante. Pour la cicatriser, il faut encore qu’elle guérisse. Pour qu’elle guérisse, il ne faut pas avoir peur de se dire les vérités, savoir écouter les autres, toucher du doigt les vrais problèmes, reconnaitre ses erreurs et rendre compte à la nation sans hypocrisie. Or, qu’est ce qui se passe en réalité ? La justice est narguée à tout moment. Elle semble impuissante et vidée de son essence. Dans son message à la nation, à l’occasion de la commémoration de l’accession du Tchad à la souveraineté, le président de transition, le général Mahamat Idriss Deby Itno réitère son appel pour l’unité des filles et fils du Tchad. « Ensemble, nous allons surmonter toutes les épreuves découlant des défis intérieurs et de menaces extérieures et construire un avenir radieux où chaque citoyen a l’opportunité de s’épanouir et de réaliser ses rêves… Nous devons œuvrer pour la paix ». Le président a même exhorté à « l’union sacrée de tous les Tchadiennes et Tchadiens. Car, sans l’unité et la solidarité, les visions deviennent de l’utopie. Pour arriver à ce niveau d’union sacrée, il faut bien que la justice soit indépendante et une institution vraiment forte et fiable. Pour crier hourra à l’unité nationale, il faut des institutions fortes. En l’occurrence, une justice en laquelle, tous auront confiance non pas parcequ’on y a un frère ou une sœur procureur, avocat ou greffier moins encore quelqu’un qui pourrait influencer sur les décisions de justice pour protéger, mais tout simplement parce que la loi y est dite et qu’elle est au-dessus des individus.

La Rédaction

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