Timan Erdimi : Le Tchad peut s’en sortir

A Doha au Qatar, lors des pré-dialogues, les politico-militaires ont enterré la hache de guerre. Ils ont pris part activement aux assises de N’Djaména. L’ex politico-militaire, Timan Erdimi, l’un des ténors, fait un tour d’horizon de la situation politique.

Les négociations de Doha sont assorties de plusieurs accords à mettre en œuvre. Trois mois après, rien n’a bougé. Selon  Timan Erdimi, la mise en œuvre des termes de l’accord de Doha a pris un grand de retard  pour deux raisons. ”Les assises du Dialogue National qui ont duré presque deux mois ont éclipsé les autres problèmes majeurs du pays, ainsi que l’organisation du Mondial au Qatar, le parrain des accords de Doha” Il souligne que malgré cet agenda perturbé, l’espoir de voir dans les meilleurs délais, la mise en place du mécanisme du DDR pour parachever les termes de l’accord demeure vif.

S’agissant des événements malheureux de 20 octobre qu’il qualifie de déplorables et inacceptables dans leurs formes que dans leurs finalités, Timan Erdimi ne mâche ses mots : “Comment peut-on organiser des manifestations pacifiques dans un pays qui s’est édifié-surtout depuis 1979 sous la culture de la violence et du désordre? Le CNT est d’après moi le prolongement naturel du Mouvement patriotique du Salut (MPS) sur tous les plans. Dans ces conditions, il serait hasardeux voire naïf de la part des organisateurs de vouloir jouer au héros aux fins d’obliger les tenants du pouvoir à courber l’échine par une insurrection civile! Si tel est le cas le Tchad ne vivrait pas sous la bannière des mouvements armée depuis une cinquantaine d’années. Il ne faut pas se leurrer, au Tchad c’est l’homme Deby qui a changé et non le système ; alors il ne faut jouer au héros en poussant les paisibles citoyens dans le mouroir en comptant sur les appuis et soutiens extérieurs tout en oubliant que les états ont des intérêts et non des amis.”  Pour l’ex-politico-militaire, malgré ce grand gâchis, le Tchad s’en sortira grâce à Dieu. Il suffit, dit-il, de s’appuyer sur les composantes sociologiques et culturelles du pays ainsi que les expériences malheureuses qu’il a vécues, depuis l’indépendance.

Sur la question de l’incivisme caractérisé dans les échelons de l’Etat, Pr Tom Erdimi explqiue que cette dérive est lié au manque de culture à la base et l’ignorance. “Les plus élémentaires règles du fonctionnement d’un Etat sont bafouées soit par ignorance soit par des comportements extravagants”. Pour remédier à cette situation sclérose de l’appareil étatique, il faudrait d’abord restaurer l’autorité de l’Etat dans toute sa splendeur. Ce qui ne peut se faire qu’avec des cadres compétents et la promotion de l’égalité des citoyens devant la loi.

Badoum Oumandé Henri

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