Editorial : Au-dessus des pagnes

La Semaine nationale de la femme tchadienne (Senafet) et la Journée Internationale de la Femme tchadienne(JIF) constituent des moments forts dans la vie de chaque femme. C’est une tranche de temps qui permet aux femmes de s’arrêter pour évaluer leur parcours et les différentes prestations réalisées afin d’entamer une nouvelle course de fond, tout en corrigeant les fausses notes et les ratées pour parvenir prochainement aux meilleurs résultats

En effet, il y’a de cela plus d’un siècle, les femmes du monde entier ont fait un pas historique sur le chemin de l’égalité entre l’homme et la femme mais au Tchad la lutte pour l’égalité entre la femme et l’homme est une longue lutte à cause de certaines pesanteurs qui relèvent de la tradition. Ces pesanteurs socioculturelles sont à l’origine de nombreux maux dont souffrent les femmes tchadiennes. Pour traduire sa volonté de ne pas rester en marge de la communauté internationale dans ce domaine, notre pays œuvre sans relâche dans la lutte pour l’égalité entre l’homme et la femme  et pour l’intégration de la femme dans le processus de développement en instituant par décret N 054/PR/MASF/90, une Semaine Nationale de la Femme Tchadienne précédant la JIF.

Au-delà de son aspect festif, La SENAFET est l’occasion toute indiquée offerte aux femmes pour réfléchir sur leurs conditions de vie à travers des débats pertinents et responsables sanctionnés par des messages et des doléances à l’endroit des plus hauts décideurs du pays. De nos jours, nous constatons que la femme tchadienne prend de plus en plus conscience de son être et se bat avec abnégation pour jouer pleinement et sans complexe son rôle dans la société avec excellence.

Eu égard à cette prise de conscience la femme tchadienne ne doit pas attendre la SENAFET  comme seule tribune de rencontre et de débats mais elle doit créer d’autres occasions pour se mettre au-devant de la scène. La SENAFET en elle-même est une grande semaine de la femme tchadienne mais force est de constater que les femmes n’en profitent pas positivement et suffisamment pour échanger sur leur sort. Au lieu d’évoquer des vrais sujets au cours de cette de semaine qui est la leur, elles s’entredéchirent dans des querelles intestines et des jalousies de tous genres. Parmi Les querelles qui caractérisent la SENAFET, figurent les querelles de partage des pagnes, des querelles pour faire partie des commissions. A ces querelles de partagent des pagnes, s’ajoutent des mésententes quant à la participation aux activités le tout, émaillé de jalousie et des coups bas.

Avec la fièvre de la JIF et de la SENAFET qui monte, nous assistons à un grand remue-ménage, à des manœuvres, des intrigues qui n’obéissent pas à l’esprit de la Journée Internationale de la Femme et c’est l’occasion de faire remarquer à la Femme tchadienne  que Les premières manifestations qui avaient donné corps à la JIF n’avaient aucune idée festive mais étaient guidées par la lutte contre les inégalités. Les femmes revendiquaient leur droit de vote, le droit de travail, et la fin de la discrimination au travail.  Au lieu de se quereller sur les pagnes et sur des basses considérations, les femmes tchadiennes  doivent se mobiliser pour cogiter sur leur place et leur rôle dans la société tchadienne, une société tchadienne en proie à la division, une société tchadienne où le nœud social et menacé de rupture. A L’occasion de cette édition de la JIF 2023, la femme tchadienne doit se laisser guider par le thème de cette Journée « Femme, Paix, Justice et réconciliation pour un Tchad égalitaire ».

La Rédaction

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