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Editorial : Un nécessaire recadrage

L’un des éléments qui témoigne de la vitalité d’une démocratie dans une nation est l’existence libre des partis politiques. A côté de la presse qui reste le baromètre de la démocratie, les formations politiques, elles, participent à son animation. Mais, cette réalité en cache une autre. Au Tchad par exemple, la pléthore de partis politiques est matière à réflexion. Pour une population estimée à 16 000 000 millions, l’on dénombre jusqu’à plus de 200 partis. C’est à se demander si le pays en a tant besoin et avec quels projets de société ?

Le hic dans ce que l’on pourrait qualifier de désordre réside dans l’animation de la politique par ces partis. Dans la majorité des cas, ces partis politiques sont créés mais sans ou avec un projet de société ambigü. D’ailleurs, la question des militants se pose avec ces types des formations politiques. Ce sont soit un groupe d’amis, soit de parents. La plupart de ces derniers se contentent du statut d’alliés à vie. Ce qui dénote d’un manque de sérieux pour une organisation qui aspire à diriger tout un pays.

Dans le contexte tchadien, rien ne milite en faveur d’un multipartisme. Il est bien vrai que le multipartisme est l’un des éléments d’appréciation de la démocratie. Mais, dans le cas d’espèce, il contribue, au contraire, à développer des maux qui mettent mal à l’aise aujourd’hui le pays. Le régionalisme, le clanisme, etc. bref, il n’est pas exagéré de faire un lien avec le repli identitaire qui se développe de nos jours au sein de la société tchadienne. Dans sa grande majorité, la population tchadienne est déjà très peu instruite. Il en est de même pour certains chefs de partis politiques qui, eux-mêmes, peu instruits ou pas du tout, jouent sur des fibres ethniques et autres pour avoir une existence.

En principe, l’on ne devrait pas avoir plusieurs partis politiques qui ont une même idéologie. Si les idées et les valeurs défendues sont les mêmes, pourquoi ne pas se regrouper, s’unir pour former un seul parti ? L’unité, dit-on, fait la force n’est-ce pas ? Il est connu que derrière la multiplication des partis se cachent des avantages politiques et même pécuniaires ; mais un peu d’élégance peut faire du bien.

Il est temps de mettre de l’ordre dans la maison. Et cela doit commencer au niveau des services de délivrance des autorisations de fonctionner à ces formations politiques. Un tour de vis est nécessaire pour aller dans le sens des résolutions et recommandations du dernier dialogue national inclusif et souverain (DNIS). Selon l’esprit de ces résolutions, un parti ne saurait être autorisé à fonctionner que lorsqu’il s’implante ou occupe les 2/3 du territoire national. Ce qui revient à dire qu’à l’état actuel avec 23 provinces, il faut au moins avoir une représentation réelle (siège), dans 14 provinces.

La rédaction    

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