Editorial : une contestation permanente

Depuis plus d’une décennie, le gouvernement, pour mieux maitriser l’effectif des agents de la Fonction publique, procède régulièrement à des recensements. Mais l’application des résultats de ces multiples recensements a donné des résultats mitigés car toujours contestés et contestables. Le dernier lancé le 28 mars 2023 et qui a duré plus d’un trimestre n’a pas échappé à la contestation. Qu’en est-il réellement ?

L’on dit généralement que « l’on ne peut pas vouloir quelque chose et son contraire à la fois ». En effet, pour la plupart des Tchadiens qui gagnent leur pain à la sueur de leur front, il n’y a pas de raison que d’autres perçoivent deux voire trois salaire en étant fictifs sur leurs lieux de service. C’est pourquoi ces genres de recensements arrivent à point nommé pour les débusquer afin d’assainir le fichier de la Solde et permettre à l’Etat d’entrer dans ses droits en faisant des économies substantielles. Le hic, c’est que lorsque les résultats sont compilés, validés et publiés souvent avec l’aval des représentants de toutes les parties impliquées, des voix fusent de partout pour les remettre en cause.

Pour le processus en cours, des salaires ont été même suspendus à titre conservatoire en attendant que les soi-disant victimes aillent compléter leurs dossiers et déposent leurs réclamations preuves à l’appui. Comme la menace est la chose qui paie le mieux au Tchad, une action de grève est brandie. Celle en cour déclenchée par les enseignants ne serait-elle pas une anticipation de celle que promettent les suspendus ? Ainsi donc, c’est l’école et partant l’avenir des enfants tchadiens qui semble pris en otage bien que le débraiement actuel soit légitime.

De tout ce qui précède, l’on est en droit de se poser quelques questions : doit-on continuellement se prévaloir de ses propres turpitudes surtout quand on sait que des mises en garde ont été lancées aux agents de l’Etat en cas de non recensement ? Ne voudrait-on plus, dans ce pays, de la transparence et de l’application des décisions qui vont dans l’intérêt général ? Si la réponse à ces deux questions est ‘’oui’’, l’avenir social et sociétal du Tchad s’annonce sombre. C’est pourquoi celles et ceux qui sont chargés d’appliquer la loi ou les décisions de l’Etat doivent le faire sans état d’âme contre les fautifs et les récalcitrants.

Quant à ceux qui se sentent lésés dans des cas pareils, ils ont des voies de recours au lieu de prendre tout un pays en otage en brandissant en permanence des menaces pouvant bloquer la bonne marche de l’administration publique. Sans cela, ce sera dans un Tchad sans l’application de la moindre décision de l’Etat que l’on vivra. Ce qui ressemblera à une jungle et ce ne sera au bénéfice de personne !

La Rédaction

 

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