Les Tchadiens doivent s’entendre

Pendant la transition politique, plusieurs conflits intercommunautaires secouent le pays et ils sont lourds de conséquences. Le Ouadaï, le Tibesti, l’Ennedi Ouest, le Moyen Chari, les deux Mayo-Kebbi, les deux Logone, le Guera, pour ne citer que celles-ci, sont les provinces les plus touchées par ce phénomène. Ce qui pousse les citoyens à se demander ; pourquoi autant de tensions pendant cette période de transition ? A qui profitent-elles ?  

Avec les immixtions politiques, l’on assiste aujourd’hui sans cesse aux affrontements autour des chefferies traditionnelles. Les éleveurs tout comme les agriculteurs se regardent en chiens de faïence et cela aggrave l’ascension des rivalités qui mettent à mal la cohabitation pacifique, bref la paix sociale. Les réponses sont pour certains à un niveau local avec les chefferies traditionnelles et différents groupes. Des affrontements entre groupes ou communautés, qui justifient leurs hostilités réciproques en se basant sur leur appartenance ethnique, confessionnelle ou régionale sont régulièrement aussi signalés par les médias et revêtent parfois d’inquiétantes proportions.

A l’origine, des litiges éleveur agriculteur, fonciers, des troubles politiques, un banal fait divers, qui ensuite, endeuille bon nombre de familles tchadiennes. Alors que le Tchad de demain n’a plus besoin de ce genre de conflits intercommunautaires dans une localité quelconque, quelques soit son origine. Car, on est tchadien et on demeure ensemble tout en conservant notre nationalité. En principe, notre unique adversaire est l’agresseur extérieur et tout ce qui menace la paix intérieure. Même si au niveau national, le fonctionnement de l’Etat et la cohésion nationale du fait de la configuration plurielle de la société sont fragilisées par l’instrumentalisation à divers égards, du registre identitaire tels que le positionnement des élites, l’organisation des partis, élections, accès aux privilèges matériels et symboliques de l’Etat etc.), on doit regarder dans la même direction pour le bien-être du Tchad.

Ces phénomènes, bien qu’ayant été abordés par des initiatives de recherche de la paix à maintes reprises doivent demeurer dans le giron de la cohabitation. Dans la mesure où une victime est toujours égale à une victime de trop, l’effort des acteurs publics doit consister à trouver de justes remèdes à ces conflits et prévenir autant que possible leur survenance. Leur ampleur et impact sont variables et dépendent fortement du contexte, des enjeux et de la capacité de l’Etat à préserver l’ordre public dès lors qu’il est ainsi perturbé. Mais, il faut apprécier l’intérêt de ces conflits en se rapportant aux risques et l’effritement de l’Etat nation.

Dans la mesure où au-delà de leur violence intrinsèque, et loin de procéder d’une adversité ontologique entre communautés opposées, ces conflits sont davantage symptomatiques des carences de l’Etat en matière de gouvernance. Ils révèlent combien une société peut être exposée au risque de guerre civile dans la mesure où celle-ci procède très souvent de l’aggravation ou l’extrapolation des querelles de clocher. Le moment est tout indiquée, car en ce moment il est du devoir des participants au Dialogue national inclusif de s’entendre pour se pencher ensemble, sur des questions comme les conflits intercommunautaires pour des solutions durables.

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