Promotion des personnes handicapées : la percée est moins percutante au Tchad

Les conditions de vie des personnes vivant avec un handicape se dégradent malgré de nombreuses initiatives tant des autorités que de la société civile.

Malgré la promulgation de la loi 07 par le défunt maréchal du Tchad en 2007 et la ratification de certaines conventions portant protection et promotion des personnes handicapées en République du Tchad, la situation des personnes vivant avec un handicap a du mal à s’améliorer. Chacun se débrouille comme il peut. Signalons aussi le poids de la coutume dans certaines communautés du pays qui constituer un obstacle pour l’évolution de la personne infirme.  Dans ces communautés, la personne vivant avec un handicap  ne peut rien faire, elle n’a plus d’avenir, elle est marginalisée. La volonté des autorités pour l’insertion socioéconomique  des personnes handicapées y est déjà mais ce qui entrave leur croissance, c’est l’inapplicabilité des textes existants et la vulgarisation de ces lois. Prenons le cas de l’éducation. Dans les établissements publics, un élève handicapé ou ayant pour parent infirme doit payer la scolarité à 1250 F CFA au lieu de 5000 Fcfa.

« Du côté de l’éducation de ces personnes vulnérables, les structures qui existent et qui forment  les personnes handicapées sont des initiatives privées ou confessionnelles. La plupart des textes  adoptés,  ne sont pas appliqués. Par exemple, les arrêtés  de 1994 et 1995 qui exonèrent  les personnes handicapées et leurs progénitures, les frais d’inscription dans les écoles publiques. Ces arrêtés ne sont pas connus par les responsables des établissements publics. Cela n’est pas vulgarisé. Et quand bien même un handicapé veut s’en servir, il faut apporter cet arrêté avec soi pour convaincre les responsables scolaires. Malgré tout, peu comprennent  », fulmine Béral  M’baikoubou, conseiller national.

Des  avancées

Bien qu’il y ait un déséquilibre entre la théorie et la pratique dans la prise ou la gestion des personnes handicapées, il faut relever quelques avancées telles que l’implication des personnes infirmes dans les instances de prise de décisions de la République, discrimination positive dans l’octroi des bourses d’études, etc. « Sur le plan éducatif, il y a de petites  avancées. A l’époque la question du handicap était oubliée surtout l’éducation des personnes handicapées et leur représentativité dans les instances décisionnelles étaient carrément ignorées.  Mais le hic se trouve au niveau  de leur insertion socioéconomique. Plusieurs arrêtés d’intégration sortent mais il n’y a pas un quota spécial  pour les personnes  handicapées. Beaucoup  de personnes vivant avec un handicap broient du noir certains avec  leurs diplômes en poches, d’autres pleines de potentialités », se résigne Taryam Mikael, licencié en géographie et en comptabilité depuis 2016.

Inscrire la question du handicap en priorité 

Le  conseiller Béral Mbaikoubou, interpelle les pouvoirs publics  à  faire de la question du handicap une priorité. «  Les conditions de vie des personnes vivant  avec  un handicap au Tchad sont effarantes. La préoccupation des handicapés n’est pas formulée comme une  problématique dans les politiques publiques. Même si cela est inscrit dans la forme des textes et des lois, mais beaucoup reste à faire dans l’application des textes. Que les gouvernants prennent au sérieux les questions portant protection et promotion des personnes  handicapées. L’étape législative n’est pas suffisante », dit-il.  La question du handicap ne doit pas seulement être la préoccupation de la personne handicapée. Cela doit être l’affaire de tous. Le handicap est un problème de société. En date du 31 mai 2023, les conseillers nationaux ont encore adopté un projet de loi portant création d’une Agence nationale de protection et de promotion des personnes handicapées. Le projet en lui-même est un acte à saluer mais le problème se situerait au niveau de son exécution à bon escient. Il faudrait mettre des personnes qualifiées et ayant le bon sens pour défendre la cause du handicap puisque beaucoup de personnes aujourd’hui ne souffrant d’aucune infirmité, occupent les postes dédiés aux handicapés dans les institutions et se préoccupent peu de la question du handicap. La sensibilisation autour des textes qui protègent et font la promotion de la personne vivant avec un handicap doit s’intensifier dans les établissements et les familles. Aussi, les personnes vivant  avec un handicap au travers de leurs associations doivent être unies et solidaires pour revendiquer leurs droits. Le handicap ne doit pas être une excuse mais plutôt une source de motivation.

Kary Amadou (Stagiaire)

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