Violences en milieu scolaire : Des gangs organisés, prenez-garde !

Le premier trimestre de l’année en cours est marqué par des violences dans quelques établissements scolaires de la capitale. Des faits alarmants. Le creuset du savoir qu’est l’école est-elle en train de devenir une jungle ?

En janvier dernier, un élève a tué à bout portant son camarade de classe. Motif : rivalité. Mi-février, des bagarres rangées entre quelques élèves du lycée Fort Lamy et ceux du lycée de la Liberté. Plusieurs motos détruites, suspension des cours. La raison avancée ; rivalité entre deux élèves. Une semaine après, dans un autre lycée de la place, un élève filme son professeur de mathématique en plein cours, modifie la photo et la publier sur Tik Tok. Parce qu’étant fils d’un haut gradé de l’armée, il refuse de se plier à la décision du proviseur, dégoupille une grenade lacrymogène en salle et prend la tangente. Conséquences : les cours sont suspendus pendant plusieurs jours. Tous les élèves paient les pots cassés. La liste n’est pas exhaustive. Mais où va le système éducatif ? Pourquoi cette situation semble irrémédiable? Pourtant, ce n’était pas ainsi aux premières années de l’instauration de l’école au Tchad. Selon les témoignages des anciens, bien que les élèves têtus ont toujours existé, ceux d’antan étaient polis, respectueux et travailleurs. Ils considéraient les enseignants comme leurs pères. Les élèves portaient volontiers le sac de leur maitre ou professeur jusqu’à la maison à la fin des cours.

Le respect et l’honneur voués au corps enseignant était quasi religieux. Entre eux-mêmes, ils s’organisaient pour parvenir à des bons résultats tout en conservant jalousement les valeurs morales. De nos jours, tout est sens dessus-dessous. Les progénitures des hauts cadres du pays se croient tout permis et ne sont pas inquiétés quand ils commettent des gaffes. Bien souvent, les parents pèsent de tout leur poids pour protéger et disculper leurs enfants quand il faut sanctionner. Gare à cet enseignant qui ose réprimander un élève! Il court le risque d’avoir toute une famille sur son dos. Finalement, pour sauver leur peau, ces éducateurs ferment les yeux devant tout jusqu’à attribuer des notes fantaisistes. En suspendant les cours, le programme d’enseignement prend un coup. Les lacunes que les apprenants accumulent leur porteront préjudice s’ils ne s’organisent pas pour rattraper le temps perdu. De même, ces tristes affrontements créent un climat de méfiance entre enseignants et élèves. Avec quelle passion, les premiers encadreront les seconds ? Même en salle, les uns et les autres sont sur le qui-vive ; ne dit-on pas : « Chat échaudé a peur de l’eau froide » ?

Mettre l’accent sur l’éducation de base

Plusieurs actions phares ont été entreprises par l’Etat notamment l’enquête parlementaire sur le système éducatif.  Le doigt a été mis sur la ribambelle de causes de la baisse de niveau. En attendant que les autres facteurs soient circonscrits et résolus, il est aussi de la responsabilité des parents de jouer franc jeu. Car comme, « Tel père, tel fils », bien des enfants sont à l’image de leurs parents. Or, il est important de comprendre que tous ces enfants sont l’avenir du pays et le fer de lance de la société. Ils sont les citoyens du Tchad égaux en droits et devoirs. Sans une solide éducation de base, ils sont des potentielles bombes à retardement pour le pays. De plus, si les parents ne s’assument pas à la maison, il est très difficile voire impossible aux éducateurs de réussir leur mission. Surtout quand les parents génétiques et les éducateurs ne parlent pas le même langage. Il est temps de rectifier le tir.

Florent Baïpou

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