Editorial : L’entrepreneuriat, solution au chômage

Le nombre des diplômés sans-emplois au Tchad est constamment sur une pente croissante depuis quelques années. Un véritable casse-tête pour le gouvernement qui peine à résoudre cette équation. La Fonction publique, seule pourvoyeuse de l’emploi au Tchad est débordée. A la question des diplômés sans-emplois, s’ajoute celle des chômeurs. Face à ce que l’on peut qualifier de « crise de l’emploi », l’entrepreneuriat apparaît comme une solution pour les gouvernants. L’entrepreneuriat n’est pas un concept nouveau mais ses implications restent difficiles à cerner. Dans le cas précis du Tchad, un pays avec une population en grande partie pauvre, entreprendre n’est pas du tout, chose aisée. Pendant longtemps, des foras, des ateliers de formation, des tables rondes, des journées de réflexion ou des séminaires de haut niveau ont été organisés pour définir les contours du concept entrepreneuriat. Des efforts aux résultats bien mitigés jusqu’à ce jour.

Si l’entrepreneuriat a du mal à prendre son envol au Tchad, il y a lieu de se remettre en question dans notre manière de le penser. Le hic à ce niveau est que le concept est utilisé par les politiques comme slogan de propagande sans qu’il ne soit appréhendé par de milliers de diplômés sans-emplois. Des formules telles que « entreprendre à partir de zéro est possible » sont courantes. Sauf qu’entre les phrases bien construites et la réalité, le fossé est grand.

Penser l’entrepreneuriat comme une panacée à la crise de l’emploi dans le pays est une bonne idée.  Seulement, cette volonté politique a besoin d’un coup de pouce en termes d’actions concrètes pour voir le bout du tunnel. Pour que l’entrepreneuriat devienne une réalité au pays de Toumaï, il faut un changement total des mentalités des personnes instruites. Aujourd’hui, l’intellectuel tchadien est formé et préparé pour le bureau. Tous les diplômés ne pensent et ne rêvent que de la Fonction publique. A ce niveau, le système éducatif, d’apprentissage, etc. doit être repensé de sorte à inculquer aux apprenants les notions et valeurs de l’entrepreneuriat dès les bancs de l’école. L’autre action qui doit nécessairement accompagner la volonté politique est l’accompagnement technique et financier des jeunes qui veulent bien entreprendre. L’encadrement technique consiste à fournir aux détenteurs des projets des connaissances justes et éclairées pour réussir. Enfin, l’environnement économique et le climat  des affaires sont aussi des aspects sur lesquels il faut travailler de manière à rassurer mais aussi protéger ceux qui veulent entreprendre.

La Rédaction

 

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