Editorial : le travail libère !

Décembre est le mois de tous les bilans : bilan personnel, bilan de vie commune ou collective, bilan d’une vie associative ou des activités des institutions de la République. Si pour les uns, les voyants sont au rouge, certains sont tout sourire parce que les objectifs collectifs ou individuels sont atteints. Mais dans tout ce micmac, quel est l’intérêt ou la place des autres, au pays ?

Dans cet océan de besoins, a-t-on encore une once de préoccupation pour le bien-être collectif ? Chacun ne pense qu’à ses enfants, sa famille, son entreprise ou son clan. « Ainsi va le pays! » répliquera quelqu’un. Si c’est vraiment à cette allure que doivent aller les choses, le pays ne va jamais atteindre ses ambitions. Encore que la vie chère s’impose à tous, et où les besoins se multiplient de jour en jour, très peu ont le cœur à l’ouvrage. Le cœur à l’ouvrage reste un vain mot pour beaucoup.

Pourtant, le travail figure dans la devise nationale. Le virus de la paresse s’est installé dans le mental des Tchadiens. La vie de facilité érigée en une culture tue à petit feu le secteur public.

Dès qu’il y a confirmation de virement des salaires, des longues files d’attente font le pied de grue devant les banques. Les grandes avenues et rues de la capitale sont bondées de monde. Les lieux de réjouissances et les camps de passage sont en ébullition. La circulation est dense, les embouteillages visibles un peu partout. Passé ce petit temps de remue-ménage, c’est le rythme d’escargot qui s’installe. Si ce rythme ne s’installe pas forcément dans les rues, c’est dans les services qu’il trouve sa place. Ce qui motive, c’est l’argent.

L’argent gagné, quartier libre pour plus d’un fonctionnaire de l’Etat. Ces scènes désolantes sont justifiées par des arguties fondées pour leurs tenants telles que : « C’est le système qui nous décourage » ; « il n’y a rien à faire au travail » ; « mon poste actuel ne me convient pas » ; « On n’a pas encore de bureau » ; « mon salaire est insignifiant »…la liste est bien plus longue.
De cette tendance, quel bilan élogieux peut-on attendre pour le pays ? Les fonctionnaires tchadiens travaillent peu ou pas ? Même si frustration il y a, chacun devrait gagner son pain à la sueur de son front. Laisser chacun devant sa conscience serait la meilleure chose à faire. Suivre les autres dans leurs erreurs et tares enfoncent le pays.

Heureusement, qu’il y a dans cette foule d’agents de l’Etat, une minorité qui tient encore la dragée haute. Par cette conscience professionnelle, et cette détermination, quelques secteurs-clés sortent la tête de l’eau au prix de nombreux sacrifices. Seul le travail paie, il est temps de se réveiller, de travailler pour mériter honnêtement son pain.

La Rédaction

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